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	<title>Chouyo&#039;s World &#187; littérature indienne</title>
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		<title>Anita Desai, &#171;&#160;Le Jeûne et le Festin&#160;&#187; : de la condition humaine en famille</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jan 2010 04:02:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chouyo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Exceptionnel, ce roman d'Anita Desai est une plongée magistrale dans la condition humaine, à travers deux familles, deux lieux, deux narrations que tout oppose. La suite...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><img class="size-full wp-image-1200 aligncenter" title="Anita Desai" src="http://www.chouyosworld.com/wp-content/uploads/2010/01/Anita-Desai.jpg" alt="Anita Desai" width="148" height="246" /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Je n&#8217;aime pas la littérature sur la condition féminine</strong>, encore moins dans les pays où celle-ci est catastrophique tant le sujet semble parfois être utilisé, la mise en scène volontairement misérabiliste, s&#8217;intéressant plus à tirer des larmes qu&#8217;à réfléchir et donner les moyens de modifier les choses. Du pathos à bon marché, un peu comme les photos d&#8217;enfants miséreux.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Etonnamment pourtant, je considère <em>Le jeûne et le festin</em> d&#8217;Anita Desai comme un des meilleurs romans indiens</strong> que j&#8217;ai lus jusqu&#8217;à maintenant. Sans doute est-ce parce que la condition féminine, que l&#8217;on croit être le thème central, ne l&#8217;est pas. Avec un style d&#8217;une très grande sobriété, tout en économie de mots et d&#8217;effets de manche, on est aux antipodes du roman-fleuve qu&#8217;affectionnent les auteurs indiens anglophones. Quelque chose de ciselé, précis, pénétrant, extrêmement construit (tous les détails renvoient les uns aux autres), tendu aussi par une réflexion intense. <strong>Le hasard n&#8217;existe pas dans cette vision du monde.</strong><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Anita Desai dévoile quelques années du quotidien d&#8217;une famille indienne d&#8217;Allahabad</strong> (je le déduis car deux fleuves sacrés s&#8217;y rejoignent&#8230;), le centre le plus mystique et le plus reculé de l&#8217;Inde. <strong>Le père et la mère, engoncés dans leur balancelle, dans leur maison, dans leur honorabilité et leurs conventions sociales</strong>, dans un jardin toujours surveillé quoique laissé aux affres de la sécheresse, assis sur leur balcon mais observant et écoutant tout.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Parmi leurs enfants, il y a <strong>Uma, l&#8217;aînée un peu lente</strong> qui subit l&#8217;ire des parents car plus faible. Il n&#8217;y a pas de place pour les faibles en Inde. Celle qui affronte les pires revers qui peuvent toucher une femme de bonne famille : de faux mariages, des dots volées, même le sort tragique d&#8217;Anamika, la belle cousine mariée et brûlée après des années de torture, lui est désigné comme enviable. <strong>Le mariage d&#8217;Aruna, la puinée, devient pour elle une fuite libératrice vers Bombay</strong>, où elle devient superficielle, indifférente et mondaine (non, c&#8217;est vrai ? Hinhinhin&#8230;). <strong>Et il y a Arun, le benjamin, le fils tant attendu</strong>. Entouré de mille attentions envahissantes, il est celui qui subit silencieusement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Et si la première partie du roman se fait au rythme des femmes, entre la toute-puissance de la mère et le destin manipulé de ses filles, la seconde partie se fait au rythme d&#8217;Arun, envoyé aux Etats-Unis pour étudier. <strong>Il s&#8217;installe alors pour un été dans une famille américaine</strong>, tout aussi typique : installée dans un pavillon de banlieue laissé à lui-même, à la lisière de la forêt, une famille où chaque membre vit à son rythme, avec ses angoisses et ses fantasmes. Le fils accro au sport, la fille boulimique, la mère dépressive et le père absent. Arun, étranger dans sa propre famille, est ici doublement étranger. <strong>Il n&#8217;y a pas de place dans la famille envahissante non plus que dans la famille inexistante.</strong><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le sujet évident de ce roman, c&#8217;est d&#8217;abord <strong>la différence de traitement, réaliste et réelle, entre les garçons et les filles d&#8217;une famille indienne. </strong>L&#8217;importance du mariage comme convention sociale, moyen de se débarrasser des filles et de prolonger la gloire de la famille avec les garçons, je ne vais pas gloser là-dessus. Car il y a tout le reste, et notamment <strong>le fait familial</strong> que décrit Anita Desai dans toute sa splendeur : la famille vorace et vampirisante d&#8217;un côté, qui n&#8217;est pas l&#8217;apanage de l&#8217;Inde mais qui correspond bien au mode d&#8217;être indien, la famille absente et indifférente qui, de même, n&#8217;est pas nécessairement américaine mais colle bien à l&#8217;idée que l&#8217;on s&#8217;en fait. <strong>L&#8217;hostilité est la même, résolue par l&#8217;annihilation du lien humain de part et d&#8217;autre</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En opposant les deux modes de vie, indien et américain, <strong>Anita Desai interroge la civilisation</strong> : d&#8217;un côté, et sans doute de manière très inattendue pour les Occidentaux, en Inde, la civilisation est omniprésente. La maison est collée aux autres maisons, et la famille est protégée par la présence rassurante d&#8217;un maillage urbain et humain. Vivre seul (comme voyager seul, habiter seul&#8230;) est inconcevable en Inde. Chaque élément est domestiqué, tout doit être humanisé : la maison, les arbres, le jardin, l&#8217;allée, il doit toujours y avoir quelqu&#8217;un dans la maison et rien n&#8217;est laissé au hasard. A l&#8217;image du destin des gens : si l&#8217;on plaint Uma, brisée progressivement par une mère et un père méprisants et manipulateurs, la destinée d&#8217;Arun n&#8217;est guère plus enviable. <strong>Hommes et femmes sont conduits, guidés par leurs aînés et la société, tous ont une destinée à accomplir dans laquelle ils n&#8217;ont pas la plus petite parcelle de choix. Le hasard et la nature sont rejetés au loin : c&#8217;est l&#8217;Inde.</strong><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>En contrepoint, la famille américaine.</strong> Le pays présenté comme celui de la liberté, de l&#8217;absence de contraintes. Le pays où la maison est laissée en désordre, sans que cela pose de problème : si les voisins le voient, quelle importance ? Où la femme prend des bains de soleil dans son jardin, quasi nue ou se baigne sans que personne, et surtout pas son mari ou ses enfants, n&#8217;y trouvent à redire : car quelle importance ? <strong>Où la &laquo;&nbsp;nature&nbsp;&raquo; a regagné en grande partie ses droits</strong> : chacun a son rythme de vie, mange ce qu&#8217;il trouve (dans les placards et le congélateur) au gré des courses anarchiques des uns et des autres, on s&#8217;isole devant la télé ou l&#8217;on part se promener dans la forêt (inimaginable en Inde, car marcher est dégradant quand on est aisé , et la nature dangereuse. Les seules fois où la famille indienne est confrontée à la nature, le fleuve ou les alentours de l&#8217;ashram, le drame arrive), on tâche de retrouver le corps que la nature nous aurait donné (musculeux, tanné, ultra-végétarien ou ultra-carnivore selon la branche préhistorique choisie). <strong>Plus que deux civilisations, ce sont deux conceptions de l&#8217;homme qui s&#8217;affrontent</strong> : la vision asiatique d&#8217;un l&#8217;homme domestiquant le monde, la vision occidentale contemporaine (et bobo avant l&#8217;heure ?) de l&#8217;homme qui a domestiqué la nature et veut lui redonner une place, voire la prééminence. <strong>Bien sûr, les deux modes d&#8217;être se grippent&#8230;</strong><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Autre thème en sourdine, celui de <strong>la nourriture</strong>. Avec ses supermarchés et ses caddies débordants, <strong>les Etats-Unis font surgir la suralimentation dans ses aspects les plus marquants</strong> : en un même microcosme se succèdent la frénésie d&#8217;achats désordonnés de la mère, qui fait de l&#8217;empilement et de la profusion de nourriture un but en soi, le mari qui y répond par la manie de la viande rouge, et les enfants par une alimentation des plus anarchiques. On ne sait plus comment manger dans cette famille : l&#8217;envie n&#8217;a plus cours, le goût encore moins. Et tandis que la fille avale compulsivement des sucreries et se fait vomir ensuite, le garçon s&#8217;alimente en fonction de ses besoins sportifs. Ni la mère, ni le père ne savent plus organiser un repas, prendre un repas ensemble : <strong>la nourriture devient dans cette civilisation le lieu du conflit familial</strong>, chacun s&#8217;enfermant dans son mode de s&#8217;alimenter. A l&#8217;inverse, <strong>dans la famille indienne, la cuisine est sur-organisée, observée et décomptée par la mère et le cuisinier</strong> (comme c&#8217;est effectivement encore le cas aujourd&#8217;hui) : et tout devient également conflit. Le contenu du menu, son exécution, sa composition, la quantité d&#8217;aliments utilisées pour ce faire, tout est l&#8217;occasion de cris et de colères, et les repas eux-même sont le lieu du chantage et de la soumission comme Arun le vit chaque jour. La nourriture est imposée à tous points de vue, car dans l&#8217;Inde sèche, l&#8217;Inde d&#8217;Allahabad, loin des palais des maharajas et des nawabs, <strong>on mange pour survivre, on ne gâche pas, on ne choisit pas. Le plaisir de manger n&#8217;existe pas.</strong><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La famille, la nourriture, le mariage. L&#8217;Inde tendue, acerbe, au verbe violent sous-tendu d&#8217;aigreurs et d&#8217;étroitesse d&#8217;un côté, et de l&#8217;autre les Etats-Unis sereins, massifs, quasi apathiques et superficiels. Dans la narration, le rythme ou les thèmes abordés, <strong>Anita Desai signe un roman brillant où le jeûne comme le festin, la privation comme l&#8217;opulence atteigne un seul et même résultat : l&#8217;annihilation de l&#8217;être&#8230;</strong></span></p>
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		<title>&#171;&#160;L&#8217;Eléphant et la Maruti&#160;&#187;, Radhika Jha : Delhi, la vraie&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 05:00:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chouyo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un petit recueil de trois nouvelles, assez décevantes dans l'ensemble, mais qui ont l'intérêt de donner de Delhi une image réaliste et authentique. Ce qui, à chaque fois, me fait soupirer de contentement d'habiter plutôt à Bombay... La suite...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-839 aligncenter" title="L'Eléphant et la Maruti" src="http://www.chouyosworld.com/wp-content/uploads/2009/11/LEléphant-et-la-Maruti.gif" alt="L'Eléphant et la Maruti" width="200" height="310" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>L&#8217;Eléphant et la Maruti</em> de Radhika Jha, cela pourrait être <strong>l&#8217;Inde résumée en deux concepts</strong> : l&#8217;animal sacralisé, la superstition et les traditions ritualistes omniprésentes, et la voiture moderne, le luxe motorisé revu à l&#8217;indienne, la réussite rapide, le décollage économique (qui se fait toujours attendre pour 80% de la population). Un très beau titre donc, <strong>une belle image mais une lecture en demi-teinte</strong>.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce petit recueil de &laquo;&nbsp;fictions de Delhi&nbsp;&raquo;, comme l&#8217;a sous-titré l&#8217;auteur, révèle par de nombreux traits une écriture encore jeune, mais il y a en revanche une certaine pertinence, qui en fait l&#8217;intérêt, dans le portrait que dresse Radhika Jha de Delhi.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Trois nouvelles donc, assez linéaires et narrées dans un style peu personnalisé, dont je n&#8217;aurais rien retenu et que j&#8217;aurais replacées dans la bibliothèque si ce n&#8217;est qu&#8217;elles posent une question qui m&#8217;a taraudée : <strong>Delhi ? Delhi ???</strong> Car cette ville est <strong>l&#8217;exact contrepoint de ce que j&#8217;aime</strong>, et réunit à peu près tous les éléments négatifs que je ressens en Inde. Et c&#8217;est en allant à Delhi que chaque fois je comprends à quel point j&#8217;ai Bombay chevillée au corps ! Quand bien même les sirènes de l&#8217;immobilier (moins cher, plus spacieux, moins humide) ou les attraits d&#8217;une scène culturelle censée être plus diverse miroitent devant nous, nous avons poussé un soupir de soulagement en la quittant, soupir rehaussé d&#8217;une exclamation très claire : &laquo;&nbsp;Ouf ! Nous n&#8217;y habitons pas&nbsp;&raquo;. Peut-être est-ce aussi parce qu&#8217;il faut toujours un contrepoint pour se satisfaire de ce que l&#8217;on a, hinhinhin&#8230;<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Toujours est-il que si tu comptes mettre un pied à Delhi, au début d&#8217;un périple en Inde par exemple ou pour y vivre quelque temps, <strong>les nouvelles de Radhika Jha donnent une image très réaliste de cette ville, de son ambiance, de sa vie quotidienne</strong>. Elle ne t&#8217;y parle pas des quelques larges avenues ou des arbres qui les bordent, elle n&#8217;évoque pas du tout les magnifiques monuments moghols qui s&#8217;y trouvent : c&#8217;est la poussière qui recouvre tout, la misère collée aux pare-chocs, les regards vides et l&#8217;agressivité ambiante qui ont retenu son attention. La seule ville en Inde où je ne me sois pas sentie en sécurité (et pourtant, je me suis baladée dans nombre de métropoles de pays en voie de développement).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ses personnages sillonnent la ville, <strong>uniquement dans leur voiture</strong>, personnage principal de la vie urbaine indienne qui a relégué l&#8217;éléphant aux marges, et chacun de raconter son histoire. <strong>Chaque portrait est alors l&#8217;occasion de rendre compte d&#8217;une facette de cette ville</strong>, ceux qui sont venus y chercher fortune, les migrants des autres Etats, ceux qui déplorent la décadence de Delhi, ceux qui la vénèrent, ceux qu&#8217;elle exaspère. Ceux qui travaillent, ceux qui mendient, ceux qui ont réussi et ceux qui se font, minutieusement, méticuleusement, écraser par la ville. C&#8217;est ce procédé que Radhika Jha utilise dans l</span><span style="color: #000000;">a seconde nouvelle, &laquo;&nbsp;L&#8217;Espoir&nbsp;&raquo;, où la succession d&#8217;histoires personnelles témoignent de la diversité de Delhi, &laquo;&nbsp;déesse&nbsp;&raquo; sous le patronage de laquelle tous se placent. <strong>C&#8217;est un peu facile, et cela n&#8217;aboutit pas vraiment</strong>, non plus </span><span style="color: #000000;">que &laquo;&nbsp;Le mariage&nbsp;&raquo;, qui s&#8217;intéresse à une certaine élite, un peu dévoyée, à travers la figure d&#8217;<strong>une femme à la sensualité exacerbée</strong>.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce portrait de la société indienne urbaine, on le trouve dans presque tous les romans indiens. Mais, c&#8217;est avec  la première nouvelle, au titre éponyme, que Radhika Jha émeut et surprend malgré un rythme très inégal : <strong>l&#8217;histoire poignante et tellement vraie</strong>, celle que l&#8217;on sait être l&#8217;histoire de nombre d&#8217;hommes et de femmes que l&#8217;on croise en Inde chaque jour, <strong>d&#8217;un cercle vicieux qui n&#8217;en finit plus de recommencer</strong>. Naître dans un bidonville, la rudesse et l&#8217;agressivité des comportements quotidiens, un petit boulot, une extorsion par plus puissant que soi, plus installé dans la société, celui qui a le dernier mot et qui ne s&#8217;inquiète pas d&#8217;une petite injustice, ceux en qui l&#8217;on a placé sa confiance qui se révèlent être encore plus vicieux (la police), et la lente dégringolade, l&#8217;humiliation, la peur.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alors oui, ce recueil témoigne d&#8217;<strong>un style et d&#8217;une maîtrise de la nouvelle encore jeunes</strong>, mais l&#8217;<strong>authenticité</strong> avec laquelle Radhika Jha décrit Delhi font de <em>L&#8217;Eléphant et la Maruti</em> un petit recueil <strong>intéressant pour mieux visualiser cette ville</strong>.</span></p>
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		<title>Amitav Ghosh, &#171;&#160;Le Chromosome de Calcutta&#160;&#187; : certes&#8230;</title>
		<link>http://www.chouyosworld.com/2009/10/04/amitav-ghosh-le-chromosome-de-calcutta/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Oct 2009 04:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chouyo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Déception à la lecture du "Chromosome de Calcutta" d'Amitav Ghosh. Dommage...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><img class="alignleft" src="http://www.decitre.fr/gi/28/9782757803028FS.gif" alt="http://www.decitre.fr/gi/28/9782757803028FS.gif" width="102" height="174" /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">On voit beaucoup Amitav Ghosh. Surtout son nom, en fait : sur les couvertures des dizaines d&#8217;exemplaires de ses livres proposés en piles et en rayons dans les librairies indiennes.  Si le thème du <em>Palais des Miroirs</em> (<em>The Glass Palace</em>, 2000),  son roman le plus célèbre, m&#8217;attire nécessairement puisqu&#8217;il évoque la Birmanie, j&#8217;ai pourtant préféré commencer ma plongée dans son oeuvre par <em>Le Chromosome de Calcutta</em> (<em>The Calcutta Chromosome</em>, 1995), clin d&#8217;oeil à cette ville que j&#8217;ai tant appréciée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Le Chromosome de Calcutta</em>, c&#8217;est cette quête entrecroisée entre passé et présent sur la malaria, une petite odyssée dans le Calcutta des années 1990 et des années 2000 où Antar, un employé d&#8217;une organisation historiciste recensant sans distinction tous les vestiges du passé, retrouve la trace d&#8217;un collègue disparu en 1995, Murugan, obsédé par sa théorie inouïe sur la découverte du mode de transmission du paludisme à la fin du XIXème siècle par Ronald Ross.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Et&#8230; plouf (le poisson. Pas le chien).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Cela ne prend pas. Oh, bien sûr, le style est fluide, la narration maîtrisée tout comme le sujet (il n&#8217;est pas historien et anthropologue pour rien&#8230;). Mais la sauce ne prend pas. Les flash-back un peu trop redondants et faciles à mon sens s&#8217;ajoutent aux exposés savants dans la bouche de Murugan, et l&#8217;on a parfois l&#8217;impression d&#8217;assister à un cours de l&#8217;auteur sur ses lectures préalables à l&#8217;écriture du roman. Vous saurez en revanche tout de la recherche sur le paludisme, ce qui en soit est extrêmement intéressant. Les personnages sont typifiés, trop d&#8217;ailleurs, d&#8217;un côté Antar incrédule et méfiant, de l&#8217;autre Murugan illuminé et grandiloquent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Comme dans un film de série B, les </span><span style="color: #000000;">personnages réapparaissent (dommage, on devine à quelques chapitres de la fin ce qui va se passer&#8230;), les </span><span style="color: #000000;">indices sont semés sans finesse comme si de grosses flèches pointaient vers eux, et le lecteur sait pertinemment qu&#8217;il en retrouvera la mention avant la fin du roman : le jeune Egyptien épargné ou le fanal rouge par exemple&#8230; Au final, tout se clôt en une boucle parfaite, indiquant à l&#8217;instar de la théorie de Murugan que tout est relié, par-delà les siècles. Quant à la théorie elle-même, on se demande vraiment pourquoi Gosh est allé se fourvoyer avec cette idée de &laquo;&nbsp;quelque chose de plus haut préside à cette découverte médicale&nbsp;&raquo;, y mêlant  messes noires à l&#8217;indienne et transes ésotériques. Il manque juste la tension sexuelle entre une belle héroïne et son ravisseur démoniaque, et l&#8217;on aurait eu le parfait roman d&#8217;épouvante Pocket des années 1990.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En revanche, une scène sort du lot, réellement maîtrisée, réellement étonnante : lorsque l&#8217;écrivain Phulboni passe une nuit à la petite gare de Renupur. La mise en scène fantastique est excellente, la frayeur qui parcourt les lignes intense et se transmet au lecteur : dans la droite ligne du fantastique des XVIIIème et XIXème siècle. Pourquoi le roman entier n&#8217;est pas de cette trempe, allez savoir&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Espérons que <em>Le Palais des Miroirs</em> sera de meilleure facture.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><br />
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