Mes élèves, un drame et des mots

[Ce billet n’a pas été simple à écrire. Il rassemble à la fois mes interrogations, celles de mes élèves, ce que j’en comprends et ce que j’en ai tiré comme réflexions. Pas de conseils ici, mon expérience seulement.]

Marche Charlie Hebdo

Place de la République, Marche du 11 Janvier 2015.

Que leur dire…

Le prof, c’est un être humain qui gère de l’humain, et l’histoire de chacun donne une coloration à la manière dont nous dialoguons à chaud avec nos élèves sur des événements tragiques comme ceux survenus en cette semaine de rentrée. J’ai un bagage, et je savais jeudi dernier qu’il allait me falloir compter avec, quand bien même je devais « être prof ».

Mon histoire, c’est la sidération pendant les trois jours qu’ont duré les attentats de Bombay en 2008, qui ont laissé la ville groggy pendant des mois ; ceux aussi de 2011 qui ont tué à quelques centaines de mètres de chez moi. Le fait en tant qu’Occidentale d’être cible potentielle s’est ajouté à mon histoire parisienne et de voyageuse, d’avoir conscience que cela peut sauter n’importe où, n’importe quand. De savoir par mon histoire familiale que cela peut VRAIMENT dériver n’importe quand. J’ai retenu de cela le besoin de se réunir, de se serrer, de parler encore et encore, et d’accepter les regards qui se croisent et s’embuent : l’élan viscéral de se sentir humain, solidaires, de partager la peine et l’angoisse. C’est avec cette idée que je suis entrée dans une salle des profs bouleversée.

Mon histoire, ce sont aussi les cris « Vive Al-Qaeda, vive Ben Laden ! » proférés par des 4è devant les attentats de Madrid au début de ma carrière : colère, indignation, incompréhension, et l’absence de réponse institutionnelle à cela. Mes élèves n’avaient-ils donc pas d’empathie ? de retenue ? étaient-ils tous des militants potentiels de l’intégrisme armé ?

Un peu plus d’expérience m’a appris qu’ils étaient surtout des adolescents ; qui plus est, des ados élevés au pied d’un HLM du Val-d’Oise, enfermés dans un microcosme dont ils savaient déjà pertinemment qu’ils ne sortiraient jamais. Les vacances, c’était avec un sourire éclatant aller voir leur tante à Villiers-le-Bel. Des ados dont l’univers était pour nombre d’entre eux marqué par un non-dit absolu sur l’histoire familiale, le pourquoi de l’émigration (et je le vérifie encore aujourd’hui), si ce n’est « la guerre ». L’enfermement, géographique, corporel, intellectuel, culturel et historique.

Voici les élèves auxquels j’allais m’adresser.

Mes élèves.

Alors eux d’abord

J’ai commencé chacun de mes cours en leur disant : « il s’est passé quelque chose de grave, qui touche de nombreuses personnes et qui touche à plein de choses. Quelqu’un peut raconter ce qui s’est passé ? ». J’ai refusé d’encadrer leur pensée, de recourir au bouclier des programmes : faire rentrer le réel dans des définitions et des cases érudites créées par des adultes pour des adultes. J’ai refusé de partir du principe que j’allais contrer frontalement, du haut de ma position d’adulte et de prof, les éventuels dérapages : quand il faut lutter pied à pied contre des thèses fallacieuses, des idées dangereuses, il faut laisser les ados s’exprimer librement plutôt que de se protéger en réduisant immédiatement leur lecture à « liberté d’expression », « liberté de la presse », « laïcité ». Les grands concepts viendront après, peut-être, selon ce qu’ils diront.

Il s’est avéré que presque tous avaient suivi avec attention le déroulement des événements. Ils avaient retenu les noms, les lieux, les hypothèses déjà avancées par les médias. Ils avaient pour certains une lecture bien arrêtée, oscillant entre le « ouais Charlie Hebdo est allé trop loin mais en même temps ça ne se fait pas de tuer » et le « c’est n’importe quoi, c’est pas des musulmans ça » et « en même temps, hein, la classe d’avoir une kalach !  » . Le travestissement de l’émotion, les mots et les provocations de purs ados. Mais ils étaient en demande de clarification, tout autant que nous.

Et ça, chercher le pourquoi, c’était déjà une victoire.

La disproportion

Dans l’attentat contre Charlie Hebdo, l’inadéquation entre l’insulte et la riposte n’est pas du tout venue à l’esprit de la plupart de mes élèves. Il faut dire que ces derniers se battent jusqu’à casser des nez, avoir la bouche en sang, se faire fracturer un tibia, pour une insulte : pour des mots proférés dans une classe, un couloir ou une cour de récréation. Juste des mots. Réellement du sang, réellement des plâtres. Dans une large proportion, ce sont aussi des élèves qui connaissent les coups comme réponse à des notes scolaires, des paroles, des soucis familiaux. Et quand ils s’intéressent d’eux-mêmes à la géopolitique, c’est uniquement au conflit israélo-palestinien, vu au prisme encore de la disproportion : de pauvres hères dépenaillés et affamés dans les ruines de Gaza face à la mécanique huilée et ultra-puissante d’Israël. La disproportion est constitutive de leur vision du monde, elle est naturelle et fait loi. Je soupçonne même qu’il y ait un peu de Schadenfreude dans l’attitude de certains, si les coups tombent sur quelqu’un d’autre, c’est qu’ils ne tombent pas sur moi.

Alors là, j’ai repris la parole. J’ai comparé, donné des exemples simples. J’ai fait appel à leur sens de l’équité, très éveillé à cet âge-là le plus souvent. Où se trouve la gloire à frapper plus fragile que soi ? Où se trouve l’héroïsme dans la kalachnikov qui anéantit le crayon ?

La compassion variable

Dans leur description des faits connus, leur compassion était quasi nulle il faut bien l’admettre. Tout d’abord parce que Charlie Hebdo ne signifie absolument rien pour eux : par leur âge, leurs centres d’intérêt, leur milieu social, ils ne le lisaient pas, n’en connaissaient pas les dessinateurs et il n’y a aucune raison pour que des gamins nés entre 2000 et 2004 aient eu ce journal entre les mains. Et l’empathie quand on est ado, elle est d’abord pour son nombril, j’en veux pour preuve les hurlements de rire quand un élève tombe de sa chaise. Charlie Hebdo leur évoquait aussi une polémique sur la représentation de Mahomet parce que, uniquement, les médias l’avaient rappelée dès mercredi.

La compassion variable est un trait humain pointé du doigt à chaque catastrophe aérienne ou géologique : l’empathie est créée par la proximité réelle ou supposée avec les victimes, et nous pensons le monde en terme de proximité géographique (ce qui arrivait en Inde m’émouvait encore plus quand j’y vivais), religieuse (les églises brûlées et les chrétiens massacrés dans l’Est de l’Inde ou en Birmanie, avec les musulmans au passage, par les hindous et les bouddhistes touchent profondément des catholiques de mon entourage), ethnique pour certains (cela ne fait pas partie de mes cadres mais je le conçois).

Comme mes élèves ne sont pas moins humains que les autres, leur émotion s’est dévoilée quand ils ont entendus les noms de Ahmed Merabet, de Mustafa Ourrad, quand ils ont vu la couleur de peau et le nom de Clarissa Jean-Philippe. La proximité culturelle, ethnique. Et étrangement, l’âge a fait mouche aussi : ils se sont indignés en prenant conscience que certains des dessinateurs étaient des « papys ». Des papys armés d’un crayon, face à des kalachnikovs tenues par des trentenaires.

« Ah ouais, là, c’est abusé quand même…« 

Il n’y a pas de fumée sans feu

Mais dans un univers fait de sanctions et de coups, lorsqu’il arrive quelque chose c’est qu’on l’a un peu cherché, non ? C’est sans doute l’argument qui revient le plus de la part des élèves, avec en ligne la polémique originelle, les caricatures de Mahomet, et la Une un peu trop fine pour qui veut ne trouver que de l’insulte partout dessinée par Cabu. Je n’ai pas eu besoin de leur projeter quoi que ce soit : apparemment, tous les avaient vues ou faisaient semblant de les connaître. Et de surenchérir sur le fait qu’ils avaient aussi regardé la vidéo où Ahmed Merabet se fait exécuter, ainsi que celles des journalistes régulièrement assassinés par Daesh.

Horreur… ou bien peut-être les rodomontades et roulements de mécanique d’adolescents…

Toujours est-il que le journal l’avait bien cherché, et donc avait mérité la punition. On rejoint là les réflexions qui surgissent souvent pendant l’année témoignant selon moi du besoin de justifier la terreur : si les nazis ont voulu exterminer les Juifs, si « tout le monde » déteste les Juifs, c’est que quelque part… ils ont fait quelque chose pour le mériter. L’enfant comme l’adolescent a besoin d’une explication à l’horreur, et quand bien même la peine est disproportionnée, ils établissent une réciproque immonde mais « logique » : si tu fais quelque chose, tu es puni ; si tu es puni, c’est que tu as fait quelque chose. Alors les dessinateurs de Charlie Hebdo l’avaient nécessairement cherché. Sinon, c’est que le monde ne tourne pas rond…

Que mes élèves n’aient aucune idée de ce que contenait et contient le reste du journal, les caricatures vitriolesques de Le Pen, du pape, de Dieudonné, de Sarkozy, d’imams et de rabbins, de tout le monde en fait n’a aucune importance. Charlie dans leur imaginaire est le journal d’une seule chose, qui aurait touché leur âme et leur conscience, la représentation du Prophète. « Sérieux, ça ne se fait pas, ça, c’est de l’irrespect Madame !  » .

Alors parlons un peu de respect.

L’oukaze du respect

Cette notion, on en a badigeonné mes élèves depuis leur plus tendre enfance. Elle est devenue depuis une vingtaine d’année le quatrième mot à ajouter à la devise de la République, en banlieue pauvre en tout cas : le Respect, ce sera le cadre de pensée qui empêchera un peu la marmite d’exploser. Comme le mot « tolérer » (quel mépris : tolérer, c’est accepter de subir !), le respect a tellement été vidé de sens qu’il s’applique à tout indifféremment : on doit « respecter » les autres, accepter leur couleur de peau tout en cédant la place aux personnes âgées, ne pas cracher par terre et écouter l’opinion des autres, ne pas couper la parole aux professeurs et ne pas insulter les élèves. Ce respect-là, tel qu’il a été enseigné, cela s’appelle la politesse.

La loi elle ne s’occupe pas de politesse, mais ça mes élèves ne le savent pas. Pour eux, Charlie et tout le monde est contraint par la loi d’être poli et précautionneux : ne pas insulter la religion des autres, ne pas moquer les convictions des autres puisqu’il est écrit que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses  » . Inquiéter, embêter, moquer, respecter : c’est du pareil au même. De plus, la loi de 1905 reconnaissant toutes les religions et leur pratique, comme la pratique de l’Islam implique de ne pas représenter Mahomet il est imposé à tous de ne pas insulter les croyants musulmans en représentant Mahomet… Raccourcis, contre-vérités, mésinterprétations, raisonnements erronés : là, on le sait, il y a du boulot et ce n’est pas avec la portion congrue d’heures de cours que l’histoire-géographie-éducation civique reçoit avec des programmes pantagruéliques qu’on en arrivera à bout.

La relativité des lois

Et puis, il faut revenir à Antigone.

Expliquer encore et encore à des esprits pétris de religieux, et pas seulement d’Islam mais aussi de christianisme évangélique, que la religion est une conviction personnelle, qu’elle n’est pas au-dessus de la loi quand bien même elle importe à notre esprit, notre coeur, nos traditions. Qu’il ne peut pas y avoir blasphème dans un journal français, puisque les dessinateurs n’étaient pas musulmans, qu’ils n’ont pas obligé les musulmans à dessiner des images du Prophète, qu’ils ne les ont pas obligés à les regarder ou à acheter le journal. Et parce que tout simplement, le délit de blasphème n’existe pas en France.

Ils comprennent très bien que chaque pays a ses lois, mais leur inexpérience leur empêche de savoir qu’une personne qui se déplace est soumise aux lois du pays où elle se trouve. Je leur ai raconté la déférence absolue due au roi de Thaïlande et à ses photos quelle que soit notre nationalité, je leur ai dit l’interdiction pour moi, femme, de conduire en Arabie Saoudite alors que j’ai le permis, de me rendre et me déplacer sur le territoire si je ne suis pas accompagnée d’un tuteur, père, frère, mari ou fils, alors que je suis indépendante. Parce que c’est la loi, quand bien même elle offense mes convictions personnelles et éventuellement religieuses. La loi humaine est au-dessus des lois divines. Sauf dans les pays où il est clairement dit que c’est la loi religieuse qui fait loi. Mais ce n’est pas le cas en France. Il y a là une nécessité de hiérarchiser, de séculariser la pensée, avec des élèves qui ont du mal à faire la part des choses.

Expliquer enfin qu’une tradition religieuse ne concerne que les croyants de cette religion, pas les pratiquants d’autres religions ou les non-croyants. Ce qui est évidence pour moi, adulte et athée, ne l’est pas du tout pour eux. Je n’ai pas, habitant avec toi, à exclure le porc de mon assiette si ta religion implique de ne pas en manger : il en va de la politesse que lorsque je cuisine, je te propose un plat sans porc, mais qu’il en va aussi de la politesse que tu ne m’imposes pas de manger sans porc (tiens, ça me rappelle mon billet sur le végétarisme ça…). Tu ne m’imposes pas tes contraintes, je ne t’impose pas les miennes : c’est ça, la politesse, le « respect ».

Compliqué. Il faudra y revenir, encore et encore.

L’art du professeur.

Le « deux poids deux mesures »

Progressivement apparaît en dialoguant avec les élèves un sentiment sous-jacent qui parcourt bien des cours d’histoire. Le sentiment de ne pas être écoutés, de ne pas être entendus surtout.

Evidemment c’est en grande partie lié à cet âge où l’on rit et crie fort dans les rues pour se faire remarquer, l’âge où l’on surjoue l’agressivité en pensant que c’est de la personnalité, l’âge où pour s’affirmer soi on s’affirme avant tout contre tous. Mais il y a aussi, notamment pour mes élèves d’origine algérienne, une mémoire occultée faite de confusions, de non-dits et de sang : bien souvent à l’origine de la migration de leurs parents, et non de leurs grands-parents, la Guerre d’Algérie est un point de cristallisation. Mes élèves confondent en toute candeur la guerre d’indépendance et la guerre civile, en font un récit manichéen…

Mais si vous saviez. La demande pressante, presqu’une supplique, chaque début d’année dès la 6è : « Madame, on parlera de la Guerre d’Algérie cette année ?  » . Si vous saviez le poids mémoriel, le travail énormissime qu’il y a à faire pour rendre droit de cité à une mémoire qui empoisonne ces gamins et nous avec, un désir de vengeance fondé sur rien, un besoin que soit reconnue une souffrance endossée par chaque génération. Pas un mea culpa mais un véritable travail d’historien et de pédagogie pour donner des pistes, un cadre de réflexion, une place réelle dans les mémoires et pas un cours-croupion, qui permettrait à ces élèves et à ces jeunes d’accéder à une reconnaissance après laquelle ils désespèrent.

L’étape suivante ? Comme ces ados ont souvent l’âge émotionnel d’un enfant de 3 ans, pire que de ne pas être écouté, c’est avoir le sentiment que d’autres sont plus écoutés que nous.

Le sentiment d’injustice est alors décuplé.

Se rendre intéressant

La dieudonnisation fonctionnant bien, la question des Juifs et de la Shoah est de temps à autre soulevée par un élève plus provocateur ou plus volubile que les autres. Cela prend la forme du « on parle trop des Juifs et pas assez de « nous »  » , « on peut blaguer sur les Arabes mais pas sur les Juifs » . Si l’on enlève les mots qui heurtent et que l’on écoute le ton, on entend effectivement « moi, moi, moi » .

J’ai au début de ma carrière été désemparée de devoir expliciter ce qui relève de l’empathie, de l’humain, de la finesse, ou peut-être d’une éducation. Mais j’explique. Rire de la mort de 6 millions de personnes, femmes et enfants compris, dans des circonstances d’une cruauté infinie est aussi peu adéquat, drôle et pertinent que de faire de l’humour sur les tortures en Algérie ou les conditions et les conséquences de la traite négrière. Que faire de l’humour, c’est pointer une contradiction (du type : « t’es une fille, t’as pas de shampooing ?« … nan, désolée, c’est pour me détendre un peu…) et la mettre à distance pour faire passer un message, ou détendre l’atmosphère sur un sujet sensible ou douloureux. Voyez le Charlie Hebdo d’aujourd’hui en la matière…

S’ajoute parfois l’argument que si les synagogues et les écoles juives sont protégées, c’est parce qu’ « il n’y en a que pour les Juifs et qu’ils veulent se rendre intéressants » . Il y a l’idée qu’être protégé c’est être faible, ou bien auréolé de prestige : comme une star ou un footballeur, on est quelqu’un d’important. Donc si les Juifs sont protégés… c’est qu’ils sont plus importants que les autres ?

Lutter pied à pied, doucement, ne pas tomber dans le panneau de la confrontation, opposer des faits, des faits, des faits. Rappeler que des Juifs ont été tués à Toulouse, dans une école, récemment et uniquement parce qu’ils étaient juifs. Et que l’HyperCasher n’était pas une épicerie choisie au hasard mais parce que juive et fréquentée par des Juifs. La menace est réelle et concrète. Il y a des morts au bout.

Et puis raisonner un peu par l’absurde. Leur demander s’ils désirent donc que des musulmans soient tués dans un attentat contre une mosquée pour enfin « avoir la chance et le privilège » de vivre une vie surveillée ? D’aller à l’école coranique accompagnés par des policiers ? Leur demander aussi s’ils pensent que les gamins de Peshawar trouvent ça drôle d’avoir gagné le privilège d’aller à l’école protégés…

La spécificité de l’antisémitisme

Mais le plus intéressant dans tout cela, c’est de revenir aux mots.

Une des questions qui hérisse mes élèves, c’est de savoir… pourquoi on a besoin d’un mot différent dans la loi et dans le vocabulaire quotidien pour qualifier la haine des Juifs ? Leur interrogation est sincère et récurrente, parce qu’elle introduit encore cette idée que « pour les Juifs, c’est toujours différent » .

Le racisme est un des autres sujets transversaux de la scolarité de mes élèves, on l’aborde par les programmes, on l’aborde par les projets dès le primaire. Le racisme opère sur des critères d’ethnie, de religion, d’origine géographique etc. Dans leur idée, l’antisémitisme devrait être intégré sous le concept de racisme. Et c’est peut-être ce qui m’a demandé le plus de temps à clarifier pour moi-même… pourquoi le racisme est-il distinct de l’antisémitisme… que recouvre donc cette notion d’antisémitisme…

… rien. Rien de concret. Ce n’est pas une question de pratique religieuse ou de concurrence. Ce n’est pas une question de couleur de peau. Ce n’est pas une question d’origine géographique. Ce n’est rien de physique, de culturel, de politique, ce n’est rien de tout cela. Peut-être la réflexion la plus édifiante à cet égard a été celle d’une élève me disant « Madame, quand on va dans le quartier des Juifs, ils nous regardent bizarrement » .

Voilà. Le rien absolu. Et tout ce qui s’engouffre dedans : les fantasmes et les rumeurs, tout peut avoir un sens puisque de toute manière, l’antisémitisme ne repose sur aucun critère concret. Tout peut donc venir l’alimenter : un peuple différent (rare), l’argent (toujours), la puissance occulte (moins à leur âge), la manipulation (plus). Le fantasme qui perdure depuis les débuts du christianisme, avec ses couches qui s’ajoutent à chaque crise de l’histoire : les rites sanguinaires du Moyen Âge, le critère du sang introduit par les rois espagnols, l’âpreté au gain des grands argentiers du roi et de l’industrie etc.

« Alors Madame, pourquoi leur tape-t-on dessus s’ils n’ont rien fait ? » . Pharmakos, le bouc émissaire, El Fennec me rappelant très justement ce proverbe shadok :

Proverbe Shadok

Alors ?

Un prof est sous le feu nourri de mille questions à la fois. Le dialogue est possible mais le débat serein ne l’est pas tant nous sommes tous face à nos limites quand ce qui nous semble évident, moralement et socialement, est mis en cause. Nous sommes en première ligne d’une lutte pour laquelle nous n’avons que trop peu de moyens, humains et horaires. Pas besoin de textes pétris de bonnes intentions, pas besoin de liens vers des séquences sur la liberté d’expression, pas besoin d’émission sur « comment parler des attentats avec les élèves » : donnez-nous des médecins scolaires, des assistantes sociales, des COP, des assistants d’éducation, des éducateurs, des profs payés et traités correctement. Donnez-nous des heures pour aider à réfléchir, interroger et comprendre le monde dans lequel nos élèves vivent et sont amenés à prendre part. Tout simplement.

Les propos de certains de mes élèves, rares pour les provocateurs, plus nombreux pour les « testeurs », paraissent outranciers ? Ecoutons-les. Que nous disent-ils d’eux, de notre société, de nous ? Ces élèves tâtonnent. Questionnent. Répètent. Provoquent. Essaient d’interpréter à partir des seuls cadres de pensée dont ils disposent. Ce sont des adolescents qui sont en train de se former. A les contrer en ridiculisant leurs vues que nous jugeons étriquées, passéistes et dangereuses, nous perdrons à chaque fois. Ce sont des ados et nous sommes des adultes. Ecoutons-les avant de les qualifier de « graine d’islamistes »…

Note : la véritable marche républicaine commence maintenant. La question de l’Ecole certes, mais de tout le reste aussi. Les services sociaux, le milieu carcéral, la prise en charge psychiatrique : tout cela relève de notre engagement de citoyen. Jusqu’où et comment sommes-nous prêts à nous engager ?

 

 

 

HIIIIIIIIIIIII !!!(1037)Boah...(57)

240 commentaires

  1. "(tiens, ça me rappelle mon billet sur le végétarisme,ça...)

    Habituellement, la grande majorité des omnivores carnistes ne pensent pas à la souffrance animale devant un plat cuisiné. Mettre les deux en parallèle sur la même photo dans un cas de lourde maltraitance avec la légende cynique "Avant.Après.Miam." c'est ignoble. Cela renseigne sur le degré de perversité dont l'humain est capable pour se préserver de ses démons par manque de courage et le faire payer à plus faible que lui !
    S'enflammer pour un texte généreux sur les attentats c'est bien. Savoir QUI l'écrit c'est mieux !

    HIIIIIIIIIIIII !!!(14)Boah...(25)
  2. Superbe ! Merci pour ce billet et pour ce que vous apportez à nos enfants, avec tant de finesse

    HIIIIIIIIIIIII !!!(4)Boah...(0)
  3. "La France a d'incroyables talents" mais ce n'est pas sur les plateaux TV qu'elle devrait les chercher... mais dans " l'Éducation Nationale " car si la télévision divertit, c'est bien dans les classes, au quotidien, que le France de demain se construit. Merci Chouyo pour ce beau billet, personnellement, je vous nomine pour le titre "La France a d'incroyables enseignants" 😉

    HIIIIIIIIIIIII !!!(19)Boah...(0)
  4. Remarquable d'intelligence et de pédagogie qui montre aussi le chemin aux adultes.
    Merci

    HIIIIIIIIIIIII !!!(5)Boah...(0)
  5. Bonjour Chouyo, je viens de découvrir ton blog par l'intermédiaire de ton touchant billet sur l'échange avec tes élèves à propos des attentats, accepterais-tu de me contacter par mail à ce propos? J'aimerais te proposer quelque chose.
    Cordialement.
    Céline (enseignante en élémentaire)

    HIIIIIIIIIIIII !!!(4)Boah...(0)
  6. Merci Madame ! Votre réflexion est exemplaire et mérite d'être partagée par le plus grand nombre. Vos élèves ont beaucoup de chance de vous avoir comme professeur. Ce texte, magnifiquement écrit, devrait servir de base à l'éducation nationale, pour la formation pédagogique des enseignants. Estime et Respect

    HIIIIIIIIIIIII !!!(6)Boah...(0)
  7. bravo et merci pour cette juste et courageuse analyse.....il faut du temps pour que ces jeunes comprennent le sens de la laïcité et de la liberté.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(4)Boah...(6)
  8. " La disproportion est constitutive de leur vision du monde".Tiens donc. Leur vision du conflit israélo-palestinien serait donc déformée, subjective, tandis que la vôtre par opposition plus conforme à une réalité objective??? Je ne comprends pas. Vous ne faites donc pas de politique? Vous ne prenez pas parti? Où allez-vous chercher vos infos?

    Un autre témoignage d'enseignant que vous avez peut-être déjà lu?
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1307212-charlie-hebdo-mes-eleves-supposes-musulmans-surveilles-c-est-deja-un-probleme.html

    HIIIIIIIIIIIII !!!(21)Boah...(25)
  9. J'aime cet article car il montre qu'il n'y a rien d'evident,que c'est souvent un problème de culture,de réflexion et surtout du milieu dans lequel on baigne.Et la première des inégalités, c'est celle là:"si tu t'appelles Mohammed et que tu vis dans le 93,t'as pas les mêmes chances ."
    Quand on aura trouvé pour chacun la solution qui lui correspond et qu'on avance réellement concrètement dans l'élaboration de ce chemin,on aura déjà bien avancé

    HIIIIIIIIIIIII !!!(2)Boah...(0)
  10. Je suis éducateur et je me reconnais dans tout ce que vous dîtes. Les formules toutes faites de respect et compagnie que les élèves (décrocheurs en ce qui me concernent) entendent depuis des lustres et qui n'ont ni sens ni impact sur eux,la manière dont vous re-contextualisez les choses (ce sont des ados voir des gamins), bref tout me plait dans cet article. Franchement ça me donne des billes pour aborder le sujet avec eux. Merci beaucoup.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(14)Boah...(3)
  11. Je voulais juste vous dire que j'enseigne à Cambridge (UK) et que j'ai fait passer votre texte à tous mes collègues qui le trouvent magnifiques. Il sera utilisé pour les cours de civi. Voilà, votre très beau travail fait du bien jusqu'au delà des frontières, donc merci!

    HIIIIIIIIIIIII !!!(13)Boah...(3)
  12. Bonjour. C'est la première fois que je lis vos article et la première fois que j'écris pour répondre dans un blog. Je tiens à vous dire bravo pour cet article qui fait preuve de nuance et d'analyse en ces temps un peu troublés. J'ai soutenu les manifestations pour Chardie Hebdo.Comme beaucoup, je suis d'une génération qui a toujours connu ces dessinateurs et leur humour.Mais il est vrai que j'ai été interpellé par cette attitude de nombreuses personnes dans les médias qui d'un coup se faisaient les chantres de la liberté d'expression tout en fustigeant ces gamins:"Hà! Ces jeunes!Ne respectent-ils donc rien?" Et d'y voir un résultats des échecs des politiques d'intégration ou de "l'islamisme",là où il ne fallait voir souvent qu'une provocation d'adolescent qui n'ont que très peu de connaissances historiques (je le constate chaque année dans mes classes de 3e et pourtant je suis dans un collège plutôt favorisé).

    HIIIIIIIIIIIII !!!(5)Boah...(0)
  13. hello,
    Enseignant à Mulhouse où un collègue s'est fait suspendre de façon scandaleuse à mon avis, ton post m'aide à essayer d'y voir plus clair mais c'est bien difficile...
    Grand merci donc, kenavo

    HIIIIIIIIIIIII !!!(1)Boah...(2)
  14. Très bel article qui mérite d'être approfondi. Une objection cependant : pour un croyant, quelle que soit sa religion, la loi Divine sera toujours supérieure à celle des hommes. Si un tsunami arrive ou que vous soyez sur le lieu de l'attentat, par exemple , ce n'est pas "par hasard ". Ni même si vous avez de la nourriture dans votre assiette. Ce n'est pas pour rien qu'on en remercie Dieu dans presque toute les traditions !

    HIIIIIIIIIIIII !!!(6)Boah...(12)
  15. Texte remarquable.
    Je comprends qu'on me l'ait signalé.
    Si je ne me retenais pas, je pourrais en faire 50 pages de commentaires !

    JPR (psy public dans une banlieue multiculturelle)

    HIIIIIIIIIIIII !!!(3)Boah...(1)
  16. C'est effectivement une éclairage fin et différent que Rue 89 permet de découvrir, l'impression de sortir des commentaires ressassés, et d'abord le fait le plus basique, ce sont d'abord des ados ...oui, bien sûr! comment peut-on l'oublier ? notre seule excuse, nous avons été profondément bouleversés

    HIIIIIIIIIIIII !!!(3)Boah...(3)
  17. Bonjour,
    la xénophobie, c'est de la méfiance: le racisme, c'est du mépris et l'antisémitisme, c'est de la haine qui est mortifère contrairement aux deux sentiments précédents.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(3)Boah...(12)
      • Bonjour, certes vous avez raison... mais alors pensez-vous que l'islamophobie c'est juste la peur de l'Islam ou plutôt la haine des musulmans ?

        HIIIIIIIIIIIII !!!(0)Boah...(0)
  18. Rien à ajouter ! Merci. Avez vous envoyé ce mot à notre ministre de l'enseignement ???

    HIIIIIIIIIIIII !!!(9)Boah...(1)
  19. bravo, mille merci pour votre analyse qui m'aide aussi à y voir plus clair. Les profs ont un grand rôle à jouer mais pas qu'eux, et je ne suis pas sure qu'ils soient tous à la hauteur. Pour y arriver il faut vraiment un immense élan de l'ensemble de la société

    HIIIIIIIIIIIII !!!(1)Boah...(0)
  20. bravo pour ce texte clair et pas théorique du tout. Les questions fondamentales sont posées et des pistes (ou plus) de réponses sont données.
    A chacun de s'en saisir pour avancer et surtout pour pousser les institutions à se remettre en question.
    Le Président Hollande a bien tout de suite remis en question les réductions d'effectifs de l'armée pour pouvoir mettre en oeuvre les 10 000 soldats de plus affectés à la surveillance des lieux à risque. Pourquoi ne pas prendre des décisions innovantes pour que l'EN donne des moyens exceptionnels pour répondre à cette situation exceptionnelle ? Pourquoi les parents d'élèves ne prendraient pas eux aussi une part dans le traitement du problème en s'investissant dans des débats et des activités autour du respect, de la vie en commun de différentes religions...
    Il y a de véritables défis à relever (pas uniquement sur l'école bien d'accord). Il ne faut pas attendre que les solutions viennent d'en haut. Elles ne viendront pas ou seront inadaptées (chanter la MArseillaise...).
    Il faut pousser le haut à favoriser et à donner les moyens pour que les actions se mettent en place en local.
    Merci encore pour cette contribution !!

    HIIIIIIIIIIIII !!!(8)Boah...(1)
  21. Félicitations pour votre sensibilité, votre humilité, vos questionnements.

    Le travail de fond commence donc afin que chacun change ses attitudes et applique la solidarité, la tolérance au quotidien : par la confiance, la compréhension dont l'amour fait preuve. Nous nous devons de montrer l'exemple en tant qu'adultes d'une paix intérieure recherchée afin que les jeunes puissent trouver des débuts de réponses au sens de la vie. Celle ci ne peut-être qu'en coopération et non dans la violence des mots, des actes, dans l'individualisme.

    Puissions nous tirer les leçons de ces tragiques événements, soutenir le travail des enseignants.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(2)Boah...(0)
  22. je découvre votre texte par le partage d'une amie sur Facebook, merci !
    Merci de panser avec vos mots notre mal à penser l'impensable.
    Merci de votre patience face aux jugements sans nuance de ces adolescents qui pourraient aussi n'en pas être (les choses qu'ils disent, on les entends dans des bouches prétendument adultes et notamment sur les réseaux) ; merci de votre souplesse face à la raideur de leurs représentations ; merci de faire vivre pour nous cet harassant travail de faire vivre par des mots les valeurs qui font de nous une civilisation.
    Vous dites que des moyens supplémentaires sont nécessaires pour faire le travail de passeuse que vous nous donnez à voir dans ce texte. Sans doute. Encore faut-il y mettre cette intelligence de l'autre que vous y mettez. L'intelligence de laisser parler et savoir montrer ses questions et ses doutes.
    Encore merci pour ça.
    Claire Lecoeur

    HIIIIIIIIIIIII !!!(6)Boah...(0)
  23. Bonsoir,

    Merci, merci pour votre courage, merci pour votre résistance, pour le coeur que vous mettez dans votre métier vu son importance stratégique dans l'avenir de tous ceux qui passent dans votre classe.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(2)Boah...(0)
  24. je vous félicite pour regard sur l'actualité et sur nos jeunes de banlieue.
    Merci à vous de prendre autant de temps et d'avoir une si grande patience pour les aider, les soutenir et les tirer vers le haut.

    je viens de vous découvrir, j'ai aimé vous lire et je vais de ce pas transférer votre adresse pour mes amies.

    en vous souhaitant une bonne continuation

    HIIIIIIIIIIIII !!!(2)Boah...(0)
  25. […] l’autre commence. Autrement dit, s’il existe une seule limite à la liberté, c’est celle du respect. Oui nous avons le droit de caricaturer, oui nous avons le devoir d’entendre la […]

    HIIIIIIIIIIIII !!!(0)Boah...(0)
  26. Texte fort intéressant qui a bien complété une petite discussion que j'ai eu récemment avec une amie prof.
    J'ai une remarque à propos du paragraphe "La disproportion": il y a un effet purement linguistique qui incite à ne pas s'appesantir sur cette "inadéquation entre l’insulte et la riposte". Il me semble que les mots "attentat" et "terroriste" contiennent déjà en eux-mêmes la notion de disproportion.
    De manière 'objective', la tuerie à Charlie Hebdo est d'abord 'simplement' un crime. Dans un second temps, en raison du mobile présumé, la disproportion apparaît, et le crime peut être qualifié d'attentat ou d'action terroriste. Dans le cas présent, il se trouve que le mobile apparaissait comme tellement évident que les médias ont directement parlé d'attentat avant même toute enquête. En soi, c'est presque une erreur journalistique. Supposons le scénario grotesque (c'est juste pour l'exemple) dans lequel on découvrait ensuite que Charlie Hebdo avait secrètement commandité l'assassinat de dirigeant religieux à l'étranger: la tuerie ne pourrait plus être considérée comme un action terroriste mais comme l'action d'un commando vengeur. Inversement, il aurait été idiot de parler d'attentat et de terroristes, si les deux frères étaient simplement venus déposer des dessins en représailles.
    Finalement, j'aurai un peu de mal à reprocher à vos élèves que la disproportion ne leur soit pas venir à l'esprit: il est probable que, vu le traitement médiatique instantané, ils avaient en réalité déjà intégré cette notion de disproportion... bon, après, c'est pas moi qui était en classe avec ces ado, donc je peux aussi complètement me tromper.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(1)Boah...(1)
  27. Merci pour votre texte!

    Prof remplaçant en arts appliqués (Lycée Pro) et photographe depuis quelques années ; je partage la majeure partie de votre analyse et de vos sentiments.
    Je n'ai pas de solutions miracles mais quelques idées dans le mouvement d'un "humanisme métamorphosé" …par exemple, créer dès la 6ème ou le primaire un cours de sensibilisation et de débat sur la diversité culturelle, la tolérance, l'histoire des civilisations et des religions avec des intervenants…

    "Un vieil indien explique à son petit fils que chacun de nous a en lui deux loups qui se livrent bataille.
    Le premier loup représente, la sérénité, l'amour et la gentillesse.
    Le second loup représente la peur, l'avidité et la haine.
    Lequel des deux loups gagnent demande l'enfant ?
    Celui que l'on nourrit répond le grand père !"

    HIIIIIIIIIIIII !!!(9)Boah...(0)
  28. "J'avoue" (comme dirait mes ados !) beaucoup de justesse dans ce que vous écrivez. Je ne crois pas à l'"école" telle qu'on nous la présente aujourd'hui comme un vecteur positif de savoir et de bien-être mais je crois au potentiel créatif des êtres humains et je pense qu'on devrait nous permettre à tous de pouvoir bénéficier de lieux de savoir et d'en pousser la porte quand bon nous semble. Je suis utopiste, je sais. Mais j'aime votre réflexion. Merci de l'avoir écrite.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(5)Boah...(0)
  29. "La véritable marche républicaine commence maintenant". Oui.
    J'espère qu'elle ne concernera pas que les enseignants des "quartiers difficiles", qui comme vous ont pu entendre de la part des ados des mots difficiles à décrypter, tant l'émotion était/est grande pour les adultes que nous sommes, comme si ces "papys" étaient de notre famille...
    J'espère qu'ailleurs que dans les quartiers dits "sensibles", l'on restera en marche aussi.
    Merci pour ce billet d'une grande richesse.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(4)Boah...(0)
  30. Bravo pour ce texte très bien écrit et qui témoigne d'une pédagogie exemplaire.
    Après tout, ces élèves sont des gens qui méritent d'être écoutés, ce que vous soulignez avec tact.
    Encore Bravo.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(4)Boah...(1)
  31. Les valeurs de la République (Liberté, Egalité, Fraternité) ne peuvent exister que dans le cadre de la dignité humaine (dimension qui me semble manquer a votre billet).

    On pourrait peut-etre réfléchir sur cet axiome de la vie en société: la Liberté ne peut s'épanouir que dans l'ombre de la dignité humaine.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(2)Boah...(0)
  32. Tout commence maintenant , souhaitons que ce choc événementiel et le sursaut qui à suivi servent à corriger et reprendre l' éducation de tous nos enfants de quelque origine dans le sens que vous nous expliquez très bien .Merci

    HIIIIIIIIIIIII !!!(0)Boah...(0)
  33. Vous êtes en première ligne devant nos jeunes, merci d'assumer vos responsabilités avec savoir faire tout en maintenant une grande part d'interrogation dans vos propos comme vos actes. leur donner la parole, à vos élèves ados, me semble l'étape incontournable pour qu'ils se mettent à penser à leur tour.(Pour aider celui qui crève de faim, il ne faut pas lui donner un poisson, il faut lui apprendre à pêcher, citation sûrement très inexacte, pardon)
    Merci aussi madame, pour votre texte, qui permet aussi aux adultes face aux ados qui ne sont pas profs de se questionner à leur tour sur ce qu'ils entendent, et surtout de ce que vous faites en classe, votre témoignage en ce sens est précieux.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(1)Boah...(1)
  34. la leçon de morale supprimée, à l'école c'était pas mal,puisque les parents n'en sont pas capables, mais pour retirer ça du programme, ce sont bien les adultes qui l'on décidé. La philosophie à l'école n'aide pas à construire une personne surtout en fin de parcours scolaires chaotiques.Pas de références, on m'a dit que les enfants sont durs entre eux, la vrai lutte commence à l'école avec un seul juge et moralisateur : le professeur . Avoir pitié ne suffit pas avoir peur non plus.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(1)Boah...(2)
  35. Charlie Hebdo : Vallaud-Belkacem ne veut pas entendre les questions des élèves. Pour la ministre de l’Éducation nationale, certaines questions sont « insupportables » de la part des élèves. L’aveu d’une conception autoritaire de la liberté d’expression, et de la vacuité du discours de nos élites politiques face aux enjeux de la période.

    http://www.regards.fr/web/article/charlie-hebdo-vallaud-belkacem-ne

    Y'a comme qui dirait du boulot...

    HIIIIIIIIIIIII !!!(1)Boah...(0)
  36. Ce qui me chagrine encore un peu, même après avoir lu ce beau témoignage plein d'intelligence et de tolérance, c'est qu'il s'agit quand même - toujours - d'amener des adolescents à "nos valeurs", sans se demander si un chemin inverse ne serait pas aussi nécessaire : aller aux leurs (je parle des adolescents qui ont une sensibilité religieuse musulmane et sont choqués des caricatures de Charlie).
    En fait, je crois qu'il y a deux représentations de la religion antagonistes : pour des occidentaux - qui l'ont toujours connue du côté des puissants, des riches et des forces réactionnaires - c'est sans doute difficile de prendre conscience du rôle paradoxal que joue la religion musulmane. En dehors de son côté réactionnaire et patriarcal, il me semble que c'est aussi devenu pour pas mal de gens une bannière des opprimés, des méprisés, en révolte dans le monde entier.
    Et ceux qui ridiculisent et attaquent le premier côté attaquent et ridiculisent sans le vouloir aussi le second.
    Sans oublier qu'on est plus facilement violent et destructeur quand on est pauvre et méprisé que quand on est riche et bien considéré. Cette dimension-là n'apparaît qu'en filigrane dans ce que disent vos élèves, mais je crois qu'il faut l'avoir présent à la pensée.

    HIIIIIIIIIIIII !!!(1)Boah...(0)
    • Le prophète Mahomet
      Des caricatures est
      Celui de ceux qui ne respectent
      Pas la religion Musulmane ;
      Il ne représente en rien
      Celui de l’Islam généreux et pieux.
      La caricature représente
      Le pire du prophète
      Au service du grand banditisme.
      Le Prophète Mahomet
      Bon et miséricordieux,
      Aucun dessinateur n’a su le dessiner.
      Un vrai Musulman ne peut pas
      Se sentir concerné par une caricature
      Qui ne le représente pas.
      Les dessins touchent
      Les mercenaires du mal
      Ceux qui se servent de lui
      Pour tuer les esprits,
      Les humains
      Musulmans où pas.
      REKLEWSKI Pawel
      le-sage-coyote@hotmail.com
      Le prophète Mahomet Des caricatures http://welovewords.com/documents/le-prophete-mahomet-des-caricatures via @welovewords

      HIIIIIIIIIIIII !!!(2)Boah...(0)
    • C'est intéressant, mais quoi d'autre que d'offrir de l'espace pour la parole, en tout premier lieu pour la culture, l'éducation, entendue comme ouverture à la faculté de penser par soi-même, pour que les "opprimés" ou ceux qui souffrent puissent s'exprimer à leur tour, autrement s'entend, que dans la violence ou le repli qui ne sont pas des positions si tenables -et qui n'augmentent pas la confiance, ni en soi, ni dans le rapport aux autres?

      HIIIIIIIIIIIII !!!(0)Boah...(0)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.