Vadrouiller avec une moufette 2 : s’attendre au pire

Parmi celles qui ont voyagé avec moi, il y en a qui, encore naïves alors, ont cru partir pour un séjour shopping à Bangkok.

Elles se sont donc retrouvées, hilares et transpirantes et éberluées, à sauter du train (oui) dans une petite gare très rurale (très) du centre profond de la Thaïlande à 3h33. Du matin… je m’en souviens encore, Phitsanulok mon amour… Pour récupérer un rickshaw, puis un taxi pour attraper le bus local de 5h10, monter sur un vélo, traverser un pont de lianes et de planches branlantes pour arriver au lever du soleil… là :

Sri Satchanalai

Photo prise ICI, je n’avais plus d’appareil lors de ce voyage…

Nane, cette expérience faisant foi, m’a fait confiance quand j’ai choisi (très innocemment) un hôtel de passe d’Urumqi, au fin fond du fin fond de la Chine, déclinant les toilettes communes avec ces demoiselles et déclinant tout autant les appels de la réception « on vous fait monter quelqu’un… ». Euh non, pas vraiment non, je t’assure que tu ne vas faire monter personne… Mais le but était d’aller voir ça, et ça en valait la peine :

Chine Tuyoq

A Tuyoq, un village ouïghour près de Turpan.

L’oasis assoupie au milieu du désert, une mosquée et des grottes aux fresques bouddhiques…

Nane s’est alors dit qu’il n’y avait aucune raison de ne pas me faire confiance en Inde… mais c’était sans compter, justement, l’Inde.

Ce jour-là ? Aller dans un lieu que peu de gens ont réussi à trouver tant la langue rechigne à en aligner les syllabes : Padmanabhapuram. Oui. A 300km de notre hôtel, autant dire tout à côté, en Inde, pour voir un palais sublime.

Notre défi ? Emprunter les routes kéralaise au mois d’avril, ce qui signifie donc des routes sinueuses et cahoteuses, des camions et véhicules et éléphants qui doublent en tous sens (l’éléphant double, oui, et il peut même tourner à droite sans mettre son clignotant), des averses diluviennes inattendues. Après des heures dans une chaleur torride, des checkpoints (absolument), le superbe palais se dresse devant nous et il est 16h35 !!! Fermeture prévue à 17h : « je masterise grave », me dis-je toute fière en mon for intérieur après ces 5 heures de route éprouvantes pour nos fesses, notre dos et notre tolérance aux klaxons.

Padmanabhapuram

Mais le palais, contre toute attente et toute information, fermait à 16h30.

Et je crois être tombée sur le seul fonctionnaire indien absolument incorruptible*.

Il ne restait donc qu’à rebrousser chemin, à savoir 5-heures-de-routes-sinueuse-et-cahoteuses-avec-des-véhicules-roulant-en-plein-phares-et-doublant-dans-tous-les-sens-et-des-processions-qui-bloquent-les-routes-et-des-déviations-pour-travaux.

A l’arrivée, je me suis dit qu’au moins Nane aurait vu l’Inde, la vraie…

* Non, je n’ai pas TOUT essayé.

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16 commentaires

  1. Bien bien bien ...
    Je vois tous les matins des petits bidasses courir sous ma fenêtre en short moulant. Je pense y aller demain avec eux pour être physiquement préparée au pire! 😉

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    • @ Shaya : et encore, je n'ai pas raconté le moment où avec deux autres amies nous avons sauté d'un bus au fin fond du Bengale occidental, sans être vraiment sûres que c'était le bon arrêt, pour réquisitionner un vélo avec une planche à l'arrière où nous avons posé nos sacs à dos et nous-mêmes, les gens hallucinaient (je pense qu'ils n'avaient pas vu d'Occidentales depuis des années, voire plus...) pour avoir le train de 17h15 (je m'en souviens encore) et arriver 5 heures plus tard à Shantiniketan. C'était bien sûr à la période la plus chaude de l'année, et la guesthouse le soir n'avait pas d'eau potable... 🙂

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  2. tu serais super forte dans pekin express toi 🙂
    (ps c'est quoi ces noms de villes imprononçable?)

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    • @ Pimousse : mouahah !
      Ce sont les noms d'Inde du Sud : il faut prendre le temps de les lire, de les prononcer, des les relire, de les prononcer plus lentement, beaucoup plus lentement et après on y arrive, à peu près 🙂

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  3. Que de très bons souvenirs au final ! Comme nous avons savouré notre journée farniente le lendemain de cette journée tape-fesses de 10 heures. Par contre, un conseil quand vous voyagez avec Chouyo : la prévenir si vous avez le vertige. Suis restée tétanisée sur ce fameux pont en lianes, incapable de faire le moindre pas... Mais Chouyo est venue me secourir héroïquement et nous avons passé une superbe journée à pédaler au milieu des sites.

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    • @ Nane : oh oui, la piscine, le soleil, le rien total. Et les serveurs qui dodelinent.
      Mouahahah ! Oui, je me souviens aussi... "Naaaane, tu prends le guidon de ce côté, moi de l'autre, tu me regardes moi, on va avancer très doucement, tu regardes Angéla de l'autre côté et on y va...". Finalement, cela n'a duré que trois minutes mais je sais que cela semble durer des heures 🙂
      Cela en valait la peine au final, les sites khmers au lever de soleil, les pelouses, les pétales rouges des flamboyants sur les petites routes...

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    • @ M1 : hihihi, je l'ai surtout regardé avec mes grands yeux en disant "but we came from soooooooooooooooooo far...". Il a secoué la tête, mais pas dodeliné. J'étais triste. Alors j'ai mis des larmes dans mes yeux et redemandé "there's no possibility we can visit the palace ?", et... ben non. J'aurais peut-être du commencer à sortir un gros billet mais... tu sais 🙂

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      • Vous aurez du chacune allonger un billet, ou alors montrer vos seins... là aucun fonctionnaire indien ne sera incorruptible ; ) #BoobsPower

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