Petites manies

Il y a quelque temps, je suis retournée sur un de mes anciens blogs.

Occasion de replonger avec tendresse (et parfois aussi un peu d’horreur…) dans le style que j’y déployais, dans les amitiés que j’y découvrais, dans les centres d’intérêts que j’y avais. C’était l’époque des chaînes de blogs, des brunches entre blogueuses, c’était l’époque où je bidouillais pour insérer photos, textes, liens, modifiant le css et perdant par la même occasion la moitié de ce que j’avais tenté de faire.

Bien des choses ont évolué depuis, mais en relisant un des billets j’ai découvert que mes manies, elles, n’avaient pas bougé d’un iota. Alors je te les soumets, toutes ces années après, réécrites et augmentées…

Je fais des listes.

Et le corollaire est que j’adore acheter des supports pour faire des listes, à savoir des carnets (qui s’entassent dans un placard) et des bloc-notes à listes. Même qu’il y en a avec des cases à cocher. Lister des appels à passer, des étapes de projets, des paquets de copies à corriger, des horaires à vérifier, des billets d’avion à trouver, des cadeaux à réfléchir, des livres à chroniquer, des listes de courses et des to-do lists contenant des éléments aussi variés que « mettre du vernis à ongle » et « payer les impôts ». Je crains d’oublier des choses importantes et anodines, et d’ainsi mettre en péril ce à quoi je participe ou initie. Le numérique étant passé par là, la grande angoisse était de voir se démultiplier les supports : post-it sur le bureau, post-it dans le cahier de travail, post-it virtuels sur l’ordinateur, agenda papier, agenda virtuel, carnet du sac à main, bloc-notes sur téléphone, je finissais par refaire des listes de listes, jusqu’à trouver une application où tout rassembler. Ma manie listeuse peut désormais continuer à se déployer mais sans déborder.

Je fais du ménage car j’ai VRAIMENT des choses urgentes à faire par ailleurs.

Le linge de maison doit évidemment être trié ce soir si je dois avoir entré les appréciations de mes élèves avant demain. De la même manière, si je dois répondre à des mails importants, une rage de classer les photos de mes voyages de 2006 me submerge soudain sans que je puisse rien y faire. Il en va de même pour les placards de la cuisine, dont l’organisation me dérange surtout au moment où deux paquets de copies m’attendent. Enfin, si un gros enjeu (soutenance, inspection…) a lieu dans quelques jours, c’est le moment idéal pour secouer les matelas, battre les tapis, vernir le parquet, aérer les coussins et faire des bocaux d’airelles au gingembre. Et si tout cela est fait ? Il me restera toujours la possibilité de reclasser mes livres selon un ordre innovant : non plus par genre, puis langue, puis chronologie, mais par ordre alphabétique cette fois ? Ensuite seulement, je n’ai plus le choix et j’ai l’esprit libre pour me mettre au travail…

Je fais des kilomètres au téléphone.

Avant d’appeler une personne, dans le cadre professionnel ou amical, j’ai longtemps pris une grande inspiration et mon courage à deux mains. Je craignais de dire trop ou de ne pas savoir quoi dire. J’ai passé ce cap et ne m’inquiète désormais plus de solliciter ou déranger, préférant la réponse directe et efficace que permet le coup de fil. Toutefois, j’ai conservé un tic de cette première époque : je marche. Au bout de quelques minutes de conversation, je fais des aller et retours dans le salon, puis dans la chambre, puis je reviens à la cuisine, je retourne dans la chambre, je passe par le salon. Un jour, on découvrira une tranchée circulaire dans mon appartement…

J’ai toujours une boisson à portée de main.

Partout. Tout le temps. Quel que soit le lieu, l’occasion ou le sac à main, il y aura une bouteille d’eau ou un thermos de café : dans mon sac de cours, c’est pour pourchasser les chats dans la gorge et les élèves dans le couloir, c’est aussi pour accompagner les aurores dans les transports et les longues balades urbaines. Ce n’est pas des plus indiqués pour le dos et les épaules, encore du poids ajouté, mais c’est bon pour la santé par ailleurs. On peut donc ainsi me suivre à la trace, chez moi le mug de café près de l’ordinateur marque le début de la journée qui continue par un verre de thé glacé dans la cuisine, et se finit avec une bouteille d’eau sur la table du salon. Et mes élèves reconnaissent mon petit thermos de café sur le bureau d’une salle de classe ; ils savent aussi que le cours ne commencera que lorsque seront sorties mes affaires et ledit thermos, qu’il neige qu’il pleuve ou qu’il vente. Pour lire ou écrire, j’aurai une tasse de café près de moi, manière de m’agripper au réel bien concret, de savourer un goût et une chaleur, de faire de la gorgée une pause dans la pensée, avant de replonger dedans.

D’ailleurs, en écrivant cela, j’ai à portée une tasse de café.

Et ce qui précède constitue une liste.

Quand je vous disais que j’avais des manies…

Carnets

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3 commentaires

  1. Pour la "3" je dirais plutôt une fuite devant une tache barbante ou une situation anxiogène.
    Quand aux listes il y a sur mon ordi une liste pour les voyages; et sur mon bureau des multi bout de papier "à faire". Mais pourquoi se fait-il que pour la troisième fois je perds la liste des photos et les idées pour continuer le blog sur lequel je n'ai pas écrit depuis plusieurs mois?Je veux bien l'avoir jetée "par inadvertance" 2 fois, mais je croyais bien, la troisième fois, l'avoir planquée quelque part pour ne plus le perdre...

    HIIIIIIIIIIIII !!!(0)Boah...(0)

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