Quand la rentrée des profs approche

[Ceci est un billet d’auto-promo : absolument.]

ThermosLa rentrée approche, et avec elle son cortège d’inquiétudes, d’excitation et de thermos de café à remplir.

Ressortir sac et carnets [Bon sang, j’ai gardé des… des brouillons d’élèves ? Mais pourquoi !?! ], préparer et reprendre ses cours [Oh, la faute dans le titre du cours !], rassembler les fiches de suivis divers [Cette liste… à quoi pouvait-elle bien servir…], se pencher à nouveau sur ces éléments qui n’ont cessé malgré les vacances de nous sauter aux yeux ou à l’esprit [« Tiens, il faudrait que j’utilise cela en cours », « Ah, cela pourrait faire une excellente étude de cas ». Pour ma part, « Zootopia » m’a enchantée tout autant que la manière dont Pokémon Go interroge les libertés et la justice : voilà, je n’ai plus aucune limite…].

Mais bien sûr, ce qui prime en cette période de pré-rentrée, c’est la frénésie de tout faire sauf de s’y mettre…

Prof jusqu'au bout des ongles 1 Prof jusqu'au bout des ongles 2
Oui, je cite mon propre livre…

Cette année, une personne proche de moi fait sa première rentrée.

Concours préparés, passés, réussis. Déception, excitation, angoisse, joie : tout ce par quoi les concours de l’enseignement nous font passer tant ils demandent de pointillisme méthodologique, scientifique, intellectuel et d’énergie. Et plus de douze ans après ma première rentrée, peu semble avoir changé quand on commence ce métier : « Pas le temps de vous expliquer », « Le rectorat ne répond pas », « Je n’ai pas eu d’information ». Stagiaires, néo-titulaires, TZR, contractuels : toujours la même galère. Tout ce qui permettrait d’être rassuré et de commencer l’année avec un tout petit peu plus de sérénité n’a pas sa place : jargon, codes, non-dits perdurent et les évidences le restent pour ceux seulement qui sont dans la place depuis un certain temps [Et encore, je n’ai pour ma part pas tout compris, loin de là].

Teacher-meme-tabs

Pas le temps de s’y prendre en amont, mais hors master MEEF et syndicats, l’institution envoie-t-elle aux jeunes profs dès obtention du concours une bibliographie de base et des fiches, incontournables et pistes pour la première semaine de rentrée ? que supposent REP, REP + (ZEP) et éducation prioritaire où nombre de jeunes collègues vont être affectés ? Toutes choses qui ne sont pas si complexes, qui sont communes à tout le territoire et qui sont bénéfiques à partir du moment où cela se fait en amont.

Pas deux jours avant la rentrée.

Pas en ayant laissé les fantasmes, les angoisses et les illusions s’installer.

Un jeune prof qui se concentre avant tout sur la posture qu’il va adopter et la relation qu’il va créer avec ses élèves le premier mois de cours est un prof qui sera un peu plus serein toute l’année. Un jeune prof qui doit courir après des clefs, des codes, un emploi du temps, des informations administratives fondamentales est un prof qui ne peut penser à l’essentiel de son métier. Ce qu’il va transmettre, comment et pourquoi il va le transmettre. Et au début d’une carrière, avec 2 à 10 classes 25 à 35 élèves devant lui, c’est pourtant ce qui importe car c’est là que nous puisons la force qui nous fait tenir toute l’année.

Mais, las !, certains n’ont pas encore de tuteur, d’autres n’ont aucune info sur les niveaux de classe avant le jour J [et ne peuvent donc préparer leurs cours], d’autres encore n’ont que le vide qui résonne au bout de la ligne, et les TZR et contractuels découvrent, blasés ou écoeurés, qu’encore cette année leurs établissements se multiplient autant que les heures de transport.

Couverture

Je l’ai vécu plusieurs fois, et l’année dernière à la rentrée, j’ai publié ce livre. J’y raconte, de mon point de vue, l’expérience brusque qu’est celle de l’entrée dans l’Education nationale. Pas que l’entrée d’ailleurs, car chaque geste peut devenir un jour coûteux. Interrogé. Remis en cause.

Est-le métier ? Est-ce l’institution ? Sont-ce les élèves, les collègues, la direction, l’inspection, le rectorat ? Est-ce eux ou bien est-ce moi ?

Et surtout… qu’y puis-je ?

Je ne donne dans ce livre aucune recette pour préparer ses cours [D’autres ouvrages fort utiles existent] ou pour réussir sa mutation [Aucune somme n’existe en la matière : quelqu’un pour se lancer ?]. Ce sont plutôt des saynètes, de la salle des profs à la relation avec les élèves, de l’énormité du système à notre minuscule salle de classe qui ne contient pas assez de chaises pour tous. J’y parle des angoisses et désillusions qui m’ont saisie à plusieurs étapes de ma carrière, ce que je me suis pris en pleine figure et qui m’a bouleversée professionnellement et humainement, les éclats de rire et frissons aussi quand les élèves m’ont surprise ou émue. J’y raconte ce avec quoi je tâche de composer pour continuer d’exercer ce métier, ce qui me soutient tout au long d’une année et crée le plaisir dans ce métier.

Que je n’avais pu entrevoir au début, trop occupée à courir, à décrypter des informations obtenues de haute lutte et à colmater certains dysfonctionnements.

Ce cheminement, des illusions violemment perdues à un plaisir réel d’enseigner, m’aide encore aujourd’hui à remettre à leur place les angoisses que suscite nécessairement ce métier humain, trop humain. J’ai mis sur le papier tout ce que j’aurais aimé savoir du métier avant ma première rentrée, non les étapes administratives mais ce « Au fond, c’est quoi être prof ? ».

Alors oui, c’est de l’auto-promo, et je peux même te dire que l’on trouve mon livre sur Amazon, versions papier et numérique, qu’il se commande en librairie, et que mes élèves le trouvent même à la bibliothèque !

J’espère qu’il pourra te rassurer, te faire rire et t’apporter un peu de soutien à toi, à vous tous qui pour la première fois dans quelques jours entrerez dans une salle de classe…

… en tant que prof.

Teacher-meme-job-satisfaction

Note : les memes de ce billet proviennent de CE blog.

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6 commentaires

  1. Moi, je l'ai acheté à sa sortie, l'ai lu d'une traite, et l'ai adoré. Fayotte? Jusqu'au bout des ongles x)
    Plus sérieusement, merci pour ce témoignage

    HIIIIIIIIIIIII !!!(0)Boah...(0)
    • @Lou de Libellus : hihihi ! Et elles étaient vraiment nécessaires en plus (pas que pour moi, tous mes collègues et les élèves sont arrivés épuisés aux vacances de la Toussaint !)

      HIIIIIIIIIIIII !!!(0)Boah...(0)

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