Aujourd’hui, c’est chikan !

Non. Je ne vais pas parler de poulet, quoique vue la prononciation parfois erratique en Inde, cela aurait pu être le cas, non plus que d’attouchements dans le métro japonais, quoique vu ce qui se passe dans les transports indiens… Bon.

Chikan détailLe chikan, le vrai.

Je me lance dans une étude approfondie des tissus indiens, pour laquelle j’ai nécessairement besoin d’acheter des nouveaux vêtements et des étoffes que je me hâte de porter au FIT*.

Tu n’ignores pas que l’Inde c’est l’enfer textile pur et simple. Non pas que les formes soient à couper le souffle (on est plutôt dans la reproduction du même dans ce domaine-là, et quand un patron sort du lot je me hâte de mettre la patte dessus !), mais les matières, les couleurs, les textures sont d’une variété étonnante et parfois cela confine au sublime. On passerait des journées entières chez les différents marchands de la ville, dans les échoppes du Mangaldas Bazaar ou dans les marchés.

Alors, comme beaucoup j’adore aller chez Fabindia, une chaîne de magasins spécialisée dans les tissus (coton et soie) et motifs traditionnels, quoique les prix aient augmenté (vu le succès…), ou bien chez Anokhi qui s’est spécialisé sur les motifs d’inspiration mogholes, fleurs et feuilles stylisées entrelacées, jouant sur un côté suranné qui confine malheureusement parfois au vieillot. J’évite Good Earth comme la peste, qui sous des prétexte de qualité et de modernité bollywoodée vend ses produits à prix d’or, et Neemrana dont les magasins sont un bazar exaspérant (dix mille fois plus que toute échoppe indienne !) où les tuniques  hors de prix sont surchargées de broderies traditionnelles, couleurs sur couleurs bien souvent.

Lucknow chikanCela aurait pu être un restaurant. Si, je t’assure…

Mieux vaut faire confiance à la petite boutique cachée à l’étage d’un immeuble décati, sale, sur lequel tu n’aurais jamais posé les yeux. Ici, on a affaire à des professionnels, qui connaissent leur métier et leurs produits sur le bout des doigts : et de t’expliquer par le menu, dans un très bon anglais, comment est créé et brodé le chikan, où, par qui, quels en sont les différents types. Sans rien chercher à te vendre, on aurait pu repartir de la boutique aussi sec.

Mais nous sommes restés, pour contempler le chikan : une broderie très spécifique, originaire des magnifiques penderies des nawabs de Lucknow (dans l’Uttar Pradesh, au nord de l’Inde). Le tissu, de quelque matériau que ce soit mais la tradition musulmane a mis le fin coton blanc à l’honneur, est coupé puis les motifs sont tracés et brodés par-dessus. Le but est d’obtenir des ajours, des jeux d’ombres et de lumière, des transparences. Quelque chose de suranné, effectivement, qui oscille entre les malles de nos grands-mères et les jupons des femmes d’Europe de l’Est. Quelque chose qu’il fait bon palper, sentir, toucher, porter…

Le patrimoine de l’Inde est aussi là.

Chikan tunique

Ma nouvelle tunique…

Chikan 2 Chikan 3 Chikan 4


Et bientôt, je te parlerai des tissus des villages du Kutch dans le Gujarat.

* Le FIT ? Le Famous Indian Tailor bien sûr !

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20 commentaires

    • Moi aussi et Dieu sait si ici je trouve tout un tas de magnifiques tissus. Le temps me manque pour ne pas me mettre à la couture.

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      • @ Angie : oh oui, j'imagine ! Tu nous montreras un de ces quatre des étals de tissus ? Moi aussi, j'aimerais bien en profiter pour coudre, créer etc.

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  1. ah ouais! c'est top classe! ça me rappelle les chemises brodées que je portais pré-ado puis ado (avec un fut en skaï et des sketbas, ne plaisantons pas!)

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    • @ Daydreamer : ce type de chemises qui peut paraître vieillot doit de toute manière se porter avec des trucs fous. Le pantalon pastel et les mocassins, ce serait moyen... 😉

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    • @ Shaya : merci, j'ai adoré tout ce qu'il y avait dans cette boutique. Je veux absolument y retourner mais je vais laisser passer quelques mois... semaines... jours... 😉

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    • @ Faustine : merci, je trouve aussi qu'elle est très chouette ! J'ai juste du mal à ne pas retourner à la boutique... Je l'ai d'ailleurs portée il y a quelques jours, elle est super agréable !

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    • @ Kahlan : absolument. Le travail est de très bonne qualité, et en plus, cela permet de conserver et de dynamiser tout un artisanat et un patrimoine !

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    • @ Firemaman : ou alors sous un gilet entrouvert... avec deux pulls et trois manteaux par-dessus... Non, attendons le printemps effectivement !

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  2. C'est vraiment beau les tissus travaillés. Quoiqu'ici en ce moment on regarderait plutôt du côté des gros pulls islandais, tu sais, avec des torsades et des dessins de flocons en jacquart...

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  3. The origins of chikan are shrouded in mystery and legend. Some historians opine, the chikan is a Persian craft, brought to the Mughal Court of the Emperor Jahangir by his beautiful and talented consort Mehrunissa. The queen was a talented embroiderer and she so pleased the king with this ethereal, white floral embroider that it was soon given recognition and royal patronage. Workshops were established wherein this embroider was practiced and perfected.

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    • @ Lucknow Chikan : thanks for coming here ! Just too bad that you only copied and pasted the same text as on your website : I would have been happy to read something else and to learn a little more, for example how is called the chikan I bought ? Does that pattern have a specific name ? Anyway...

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