« English touch » : Woody, Rowan et Jane

Des trumeaux ? Non, pas du tout : juste trois parfums d’Angleterre passés sous mes narines ces dernières semaines, trois images très nettement différentes…

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Je n’avais pas vu les films de la période anglaise de Woody Allen : après avoir longtemps tourné autour du pot, j’ai donc regardé Match Point et Scoop (pas Le Rêve de Cassandre en revanche).

Que dire… Les deux intrigues sont assez similaires dans les milieux décrits (la classe moyenne qui s’introduit dans la classe aristocratique britannique), certains dialogues se font écho (l’ « agressivité » dans la manière de draguer), avec un côté ville et un côté campagne. Bien sûr, les renvois à l’oeuvre de Woody Allen sont nombreux, et les références trop évidentes dans Scoop, nettement moins bon que Match Point à tous points de vue, entre la référence à Jack l’Eventreur, celle à Meutre mystérieux à Manhattan qui se réfère lui-même à Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcok. Je ne suis pas sans savoir que ces jeux de références et d’auto-références sont une des données principales de l’oeuvre de Woody Allen, mais le souffle n’y est pas/plus et l’on s’ennuie un peu.

D’autant que je n’aime pas du tout dans ces films la mollesse de Scarlett Johannson. Désolée, elle est mignonne, ronde, a une bonne bouille mais son jeu, sa posture et même son débit sont mollassons ; quand bien même représenterait-elle par là la nonchalance américaine, elle est fatigante à regarder et à écouter. J’en suis venue à regretter amèrement Diane Keaton, alors même que je me dis qu’il faut arriver à regarder Woody Allen sans avoir tous ses autres films en arrière-plan. Jonathan Rhys Meyers dans Match Point est tout à fait crédible et pertinent, mais joue un peu trop des mimiques de bouche et d’yeux bleus, ce qui détonne absolument dans le style du film. Quant à Woody Allen, dans Scoop, j’aurais largement préféré qu’il n’y joue pas : une pâle copie du Woody de Meutre mystérieux…, une singerie de Guerre et Amour, la loghorrée verbale bégayante où les propos n’ont malheureusement plus aucun intérêt (ce qui n’était absolument pas le cas de ces films). La conclusion ? De la même manière que j’étais restée affligée par Vicky Cristina Barcelona, encore plus par Whatever works (à nouveau de multiples références, Lolita avec en sur-impression La Rose pourpre du Caire et le dialogue avec le public des premiers films, mais sans plus rien de « bondissant » et de dynamique, à part la toujours excellente Patricia Clarkson (Sarah dans Six Feet Under) : après Harry dans tous ses états, qui m’avait déjà un peu énervée, j’avais décidé d’en rester là, peut-être aurais-je du ? J’avoue : depuis, je re-visionne des films plus anciens.

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Encore l’Angleterre, avec un véritable chef-d’oeuvre du petit écran cette fois : tu oublies immédiatement tout le reste et tu te dépêches de trouver les six épisodes que la BBC a fait en 1995 de Pride and Prejudice (Orgueil et Préjugés) d’après le roman de Jane Austen. Colin Firth, absolument délicieux, des dialogues très fidèles et un esprit distillé avec soin sans que cela devienne trop pesant, une reconstitution extrêmement fine sans être lourde : magnifique d’un bout à l’autre, même si tu connais l’oeuvre par coeur. Le spectateur n’a qu’une envie, s’impliquer dans l’histoire, intervenir auprès des personnages, résoudre les quiproqui et les malentendus qui nouent toute l’intrigue. Je le redis, un chef-d’oeuvre : et six heures avec Colin Firth, on ne peut pas dire non…

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Enfin, encore et toujours l’Angleterre mais dans un style tout différent : The Black Adder. Mouahahahahahah. Comment dire… Tu prendre Rowan Atkinson au début des années 1980 et tu lui fais jouer le personnage du fieffé félon de la famille royale anglaise, transposant ensuite ses descendants jusqu’à l’époque contemporaine en ajoutant au passage Stephen Fry et Hugh Laurie… Ou comment relire l’histoire de manière moderne, cynique, avec jeux de mots et un comique de situation tout à fait atkinsoniens, gras et fin à la fois, suprêmement bête et intelligent en même temps. C’est étonnant au premier abord, et puis on se laisse prendre au jeu : et après, on fredonne le générique…


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21 commentaires

  1. J'ai trouvé Match Point un peu ennuyeux, mais contrairement à toi, c'est Scarlett Johannson qui m'intéresse le plus dans le film : je la trouve hypnotique, elle envahit l'écran à chaque fois qu'elle y apparait, pour moi.

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  2. je t'aime! c'est tout!

    1) perso, Woody, j'évite (je suis allée en voir un au ciné, depuis, j'ai de l'urticaire) mais PUTAIN que tu me fais plaisir: depuis le temps que je dis que Scarlett est MOLLE, et que tout le monde me répond que non, qu'elle est beeeeeeelleuuuuuu... merci merci merci!

    2) j'ai vu ça la première fois que c'est passé sur TMC en France (avant 98, donc)... et le lendemain de chaque diffusion, je racontais les aventures de Mlle Bennett et de Mr Darcy à ma mère (qui m'a piqué les K7 et les a matées avec ma grand-mère... elles en ont eu des vapeurs: depuis, ma grand-mère est archi-fan de Jane Austen!)... punaise! rien que pour le moment où il sort de l'eau avec la chemise qui colle... râââââââââHââââââââ!!!!!

    3) Blackadder, c'est fabuleux! on le regardait quand on avait encore BBCPrime... *snif*

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  3. La période anglaise de Allen est tout à fait dispensable !Scarlett machin est pas moche, mais bon comme actrice n'est pas Marylin n'importe quelle blonde !

    Pour les autres choix, mille bravo !! Et franchement ça vaut tout les blockbusters :)))

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    • @ Océane : tu as vu le troisième film ? J'espérais encore qu'il en vaille la peine...
      C'est ma mère qui m'a conseillé "Price and Prejudice", elle l'a vu trois fois d'affilée... maintenant je comprends pourquoi.

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    • @ Madame Kévin : c'est bizarre, je ne sais pas à quoi c'est du. Pense-tu que ce soit parce que nous la comparons à ses autres "actrices fétiches" ?

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  4. 1) Woody Allen: je suis une fan inconditionnelle. J'ai tout vu ou presque et je trouve les nouvelles productions très fraîches et tout à fait dans l'esprit de ses films. Rien que pour voir Hugh Jackman, je regarderai Scoop, over et over again.
    2) Colin Firth. Comment dire: j'adore ! Je trouve que si un Mr Darcy devait exister, ça aurait été lui. Comme toi, j'ai adoré la série de la BBC que je trouve bien supérieure aux adaptations cinématographiques. Même si la version moderne - Bridget Jones - est tout aussi respectable (et drôle, ça va de soi).

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    • @ Oum : ah, un autre avis alors. J'avoue que de mon côté, j'essaie vraiment à chaque fois en me disant que le dernier film va être mieux et... non. Ah oui, Hugh Jackman est l'argument qui te fait chavirer, hihihi !
      Colin Firth, comme je te comprends. J'aime beaucoup, et comme toi, je trouve que le rôle lui va comme un gant et j'aurais beaucoup de mal maintenant à voir quelqu'un d'autre à la place : il est ombrageux, fragile, emporté et séduisant juste ce qu'il faut.

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  5. Je ne supporte pas Scarlett Johannson, je la trouve fadasse sans parler du fait que son jeu est très approximatif ! Grâce à elle, Woody Allen peut aussi réclamer sa part de daubes dans l'histoire du cinéma, en attendant de faire jouer Carla B cet été : )

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    • @ M1 : voilà, fadasse, c'est aussi exactement ça. Ce film avec Carla B., il est confirmé ??? Bon sang, c'est la lente décadence de l'empire allenien...

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