Les dieux des murs de Bombay

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Ahhh, l’Inde ! Ce berceau des religions, la ferveur si profondément ancrée, la spiritualité intense visible dans le moindre geste. Voilà un pays où l’on sent que les gens vivent leur foi jusqu’au bout… oui… oui oui ouiiiii…*

Les gens vivent en Inde leur ferveur jusqu’au bout : ça c’est certain. A tel point que les seuls jours de repos sont consacrés aux pèlerinages, dévotions et processions. Et que la géographie de l’Inde n’est avant tout que celle de ses lieux saints. Il faut dire que maintenir une telle consubstantialité entre la vie quotidienne et la ferveur religieuse a le très net avantage de bien remplir les emplois du temps chômés et les esprits qui seraient sinon chagrins, de ne pas entraîner à la critique et donc de ne rien remettre en cause aux ordres établis. La ferveur indienne, le bhang du peuple : c’est same same et pas si différent finalement.

Mais la ferveur indienne a un autre très net avantage : elle est un peu le Monsieur Propre des murs de l’Inde.

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L’Inde, c’est un peu une immense latrine à ciel ouvert. C’est cru et c’est vrai. Ouvre les yeux quand tu longes les routes de campagnes, les rues et ruelles des villes, ouvre tes narines quand tu traverses les voies ferrées ou lors d’un trajet en train au long cours. Regarde et sens. Manque chronique de toilettes, surpopulation, indifférence certaine des autorités que ceux qui vivant dans les excréments ou presque y ajoutent les leurs.

Les fosses d’aisance sont partout en Inde, talus et champs, terre-plein et bords de route. En plein milieu de la ville, sur le bord de mer, on voit chaque jour l’Inde s’accroupir, armée parfois d’un broc d’eau, les jambes arquées, écartées, attendre… le zigzag des vieux entre les immondices, les gamins qui courent pieds nus au milieu, et les femmes qui se retiennent jusqu’à la tombée de la nuit. La posture de l’homme, jambes écartées voire souvent accroupi, pour simplement pisser, n’importe où, partout, dès que possible presque, devient un élément constitutif du paysage indien. Compter combien prennent la pose entre l’aéroport et la ville de Delhi pourrait même devenir un jeu tant il semble que ce soit the place to pee

Alors quand tu te promènes, tu vois parfois sur les murs de jolis carrés de céramique.

Des visages, des symboles familiers, les silhouettes de Shiva, Mahalakshmi, Jésus au Sacré-Coeur, Sai Baba la paume en avant, la Kaaba, Zarathoustra ou encore Hanuman. Colorés, protecteurs, propitiatoires, les dieux multiples de l’Inde.

Quelle ferveur, quelle vie au plus près du religieux, quelle spiritualité vraiment…

La ferveur est le ressort.

Et l’Inde pragmatique.

On ne pisse pas sur les dieux. Ergo : on ne pisse pas sur les murs qui portent les dieux…

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* Et tu reprendras bien un peu de « bhang lassi » ?

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4 commentaires

  1. On devrait essayer en France mais je doute que ça arrête les hommes (parce qu'en général ce sont eux) qui s'amusent à marquer leur territoire sur les murs comme le font les animaux.

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  2. Ah génial, j'en avais déjà vu souvent à Bombay et je n'avais pas compris que ces carreaux avaient en plus une vraie "utilité" ! 🙂

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