Le bruissement de l’ADN

Expo Paris-Delhi-Bombay Sans titre Othoniel

« Sans titre », Jean-Michel Othoniel.

C’est frêle.

C’est frêle une identité. Cela s’effrite et cela tremble. Questionnée par la brise, amenuisée par les bourrasques, elle peine à regagner du terrain, s’agrippant aux branches amies, redoutant les roulements de tonnerre inutiles et récriminant.

C’est composite aussi.

C’est fait de bric et de broc, de chic et de choc. Et cela s’interroge, cela s’efface quand le mimétisme et les emprunts colmatent avec des bribes de la sienne l’identité d’un(e) autre. Questionnée par le sentiment de dépossession, amenuisée par la crainte de l’usurpation, elle redéfinit ses contours aussi et s’arme de cette occasion, oublie et avance.

Mais cela tinte surtout.

Cela carillonne et s’entrechoque, cela tintinne et cela résonne ! Le bleu répond au rose, le violet appelle le jaune, l’harmonie se crée et éclate en mille feux. La plénitude est atteinte quand chaque élément a trouvé sa place, que les sons se répondent, que les couleurs se rejoignent. Le verre frêle, la création composite, suffisamment chauffés, rincés, refroidis, soufflés, ravivés, ont trouvé leur forme.

C’est cette immensité composite de l’identité qu’a saisie Jean-Michel Othoniel avec ces spirales de verres colorés, rare oeuvre d’une tenue certaine dans cette trop décevante exposition « Paris-Delhi-Bombay » qui avait eu lieu au Centre Georges Pompidou en 2011. Trop de bling-bling, trop de surjeu, trop facile.

A mille lieux de cette double hélice carillonnante.

Et singulière.

 

 

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4 commentaires

  1. On a envie d'une légère brise fasse tinter l'ensemble. (et pourtant ça lui serait fatal, paradoxe de la fragilité : capable de transcender l'être ou bien de le détruire)
    C'est une jolie description d'une oeuvre poétique.

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    • @ Llyn : l'installation bruissait justement d'un très léger tintement. Je ne sais pas si c'était un souffle d'air qui était envoyé par la tuyauterie ou le passage des visiteurs, mais cela rendait l'ensemble vraiment doux et féérique et oui, cela rappelait aussi sa fragilité. On avait envie de se précipiter pour protéger les éléments en verre !

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    • @ Nekkonezumi : oui tu as raison ! Un bijou d'appartement, un bijou de musée : qui ne prend pas trop de place, qui orne discrètement, qui rappelle qu'il faut rehausser sans trop en faire ! 🙂

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