La Nuit des Araignées Sauteuses – Koh Lanta c’est moi

Araignée

Un specimen kéralais, à la cambrure et à la parure fort sympathiques.

J’ai hérité de ma mère le fait de ne pas avoir peur des animaux (tout en restant prudente) et encore moins des araignées, scolopendres et autres cafards. Ils veulent traîner, fureter, ramper ? C’est leur problème : moi j’ai autre chose à faire que de leur courir après. Il faut le dire : cette vision des choses m’a particulièrement été utile quand je vivais en Inde et quand je voyage en Asie, où les spécimens dodus de cafards font la course, au sol sur les murs au plafond voire dans les casseroles (oui, partout) avec les geckos.

Même face aux araignées énormes et bombées, je reste bienveillante : je me débrouille pour les mettre dehors si je sens qu’elles vont profiter de mon sommeil pour piquer ma chair appétissante (et occasionner par là des boursouflures et démangeaisons nettement moins appétissantes). Plus petites, je les laisse vaquer à leurs occupations, partant du principe enseigné dans mes montagnes qu’une araignée signifie moins de moustiques et de mouches, et qu’elle ne tissera toile que dans une maison saine. Vrai ou faux, cela évite en tout cas d’avoir à sauter en tous sens comme un cabri avant d’aller dormir.

Forte de ces principes arachnotolérants, je suis allée un jour traîner mon sac à dos dans la forêt amazonienne…

Bilbao Maman Louise Bourgeois 2

Maman ? Ah oui, « Maman » (1999) de Louise Bourgeois, devant le musée Guggenheim de Bilbao.

La forêt amazonienne autour de Manaus et plus loin encore n’est pas l’endroit le plus adéquat du Brésil pour voir des animaux : mieux vaut en réalité aller dans la région du Pantanal et suivre l’adage « moins d’eau = plus de bestiaux ». Mais on y voit malgré tout de beaux dauphins roses (ouiiiiii), des piranhas, des paresseux, des oiseaux fous (je n’ai malheureusement pas vu d’hoazin et je le regrette fortement : un truc punk volant en zigzag qui pue, crie de manière atroce et associe les couleurs à la manière de Desigual), des grenouilles aux couleurs acidulées, des serpents (dont un cobra vert qui mit à mal notre guide dans la forêt) et… des scorpions et des araignées de palmier.

Et quoi de mieux pour la première nuitée passée dans le lodge avant de se rendre en forêt que de découvrir le premier, noir, gros et recroquevillé au coin de la chambre et l’autre, avec dix de ses congénères aux pattes étendues de tout leur long, velues et surprises d’être trouvées, là, sous le matelas.

Que faire ?

La grosse araignée de la campagne, d’accord ; le gros mammouth velu de l’Amazonie qui n’est même pas solitaire… moins. Le scorpion dégommé par notre guide à coup de chaussures de marche (je lui ai demandé quoi faire, il n’a fait ni une ni deux), filons donc vers les hamacs ! Je pensais en effet, dans cet amas de fils ressemblant à s’y méprendre à une toile pouvant se refermer sur toi, pouvoir dormir (j’y suis parvenue le lendemain en dormant dans la forêt mais c’était plus d’épuisement que d’y avoir trouvé le confort) à une distance sécurisante des bestioles qui viendraient à jouer de leur dard ou de leurs pattes sur le sol.
Confiante, je regarde une araignée de palmier s’approcher, traverser la pièce par à-coups. Une autre apparaît à l’angle de la pièce, une autre encore, et j’en vois trois ou quatre gambader sur les feuilles qui forment le plafond. Haha, je suis hors de portée, fièrement dressée sur mon hamac à 40cm du sol.

Et là, je vois l’araignée sur le sol, près de moi, ses pattes mobiles tactiles et velues et son corps arrondi, rassembler ses forces et… sauter.

Car elles sautent, les bougresses.

Je n’ai pas beaucoup fermé l’oeil cette nuit-là.

Bilbao Maman Louise Bourgeois

Et si tu viens regarder sous le ventre de « Maman », tu y apercevras dans l’entrelacs de fils qui constitue son ventre, des petits. Jeu sur les terreurs et l’arachnophobie, jeu aussi sur l’enveloppe et la protection maternelles :

la mère de Louise Bourgeois était tisserande, et selon elle « L’araignée est une ode à ma mère (…). Les araignées sont des présences amicales qui dévorent les moustiques. Nous savons que les moustiques propagent les maladies et sont donc indésirables. Par conséquent, les araignées sont bénéfiques et protectrices, comme ma mère. »

Note : un autre animal, un autre pays, un autre « Koh Lanta c’est moi » ? C’est ICI avec les jaguars…

HIIIIIIIIIIIII !!!(1)Boah...(0)

2 commentaires

  1. Ah ouais, c'est pire que de jouer à "cafard vole" !! (moi je suis malveillante et j'écrase sans états d'âmes, sauf si la bestiole est trop grosse donc trop "croustillante" : là, ça me débecte)

    HIIIIIIIIIIIII !!!(0)Boah...(0)

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